Etrange festival (2021) (jour 3) (The innocents, Afterblue, Lamb)


Vendredi 13 septembre

Loin des Marveleries, le cinéma Scandinave a toujours évolué en marge de la majorité des productions occidentales en dépeignant un atmosphère unique régit par des codes particulièrement distinctifs. Sur une base intimiste qui n'est pas sans nous rappeler parfois "Morse" de Tomas Alfredson, "The innocents" rompt définitivement avec le supposé angélisme des enfants qui, comme dans "Les révoltés de l'an 2000" expriment une cruauté spontanée et inaltérable.

Mais lorsque ceux-ci sont pourvu de pouvoirs surnaturels les choses se compliquent encore et personne ne peut plus arrêter ces êtres diaboliques. Aussi fascinant que troublant, ce long métrage de Eskil Vogt - à la direction d'un casting d'enfants assez exceptionnel - captive le spectateur et l’amène vers des réflexions plutôt terrifiantes : Et si un jour ils obtenaient les moyens de prendre le pouvoir ?

Réalisateur émergeant et désormais reconnu dans des sphères alternatives mais pas seulement, Bertrand Mandico a su se distinguer par son atmosphère unique et son indéniable talent. Jeu théâtralisé, surréalisme loufoque, hybridation des genres, patchwork multicolore (ou noir et blanc pour "Les garçons sauvages") étincelant. Après de nombreux courts métrages gravitant autour de codes, visuels comme narratifs, dont lui seul possède (et même - dans un certain sens - qu'il crée) la maîtrise, il s’attelle à la réalisation d'After blue, long-métrage d'une durée approximativement équivalente à celle de son précédent : 2 heures. Après l'excellent "Ultra pulpe" les attentes n'en étaient que plus grandes et nous nous hâtions de découvrir ceci en format long. Pourtant, il semble hélas que le cinéma qu'il sait si bien faire vient d'atteindre un point de saturation. Toujours aussi beau, la recette semble pour autant ne plus fonctionner et chaque scène semble répondre à la suivante comme un assemblage plutôt indistinct de clips expérimentaux entrecroisés dans une histoire qu'on peine réellement à comprendre. Ainsi, le rythme en pâtit et l’attention du spectateur aussi. On y retrouve toujours certaines fulgurances mais difficile de s'accrocher à quelque chose de réellement satisfaisant et d'en faire un ensemble homogène et cohérent. Espérons alors que Mandico parvienne à se renouveler car malgré cette déception il reste assurément un cinéaste à suivre.


Inspiré d'une légende folklorique Scandinave, "Lamb" de Valdimar Jóhannsson subjugue avant tout par ses paysages Islandais montagnards somptueux où vit isolé un couple de fermiers sans enfants qui se trouvent d'affection pour une...brebis. Loufoque mais aussi attachant, ce semi-drame lorgnant parfois vers la comédie tiraille son spectateur entre plusieurs émotions assez confuses.

Séduisant par son ambiance, Lamb peine cependant à réellement développer sa narration et se ponctue presque qu'intégralement de scènes anecdotiques dés lors que le concept clé du film est révélé.

Si le visionnage n'est de toute évidence pas désagréable il ne parvient pas non plus à nous transcender, et ce malgré un beau casting, une belle photo et une œuvre formellement plutôt réussie.


- Tinam.

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