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Etrange festival (Jour 3) (Jericho Ridge, The Sweet East)


Jeudi 7 septembre




























3éme journée de l'étrange festival et un choix cornélien s'impose à moi puisque j'hésite entre deux séances se déroulant en même temps : "The Survival of Kidness" de Rolf Heer (cinéaste que j'adore) s'avérant de toute évidence plutôt singulier, ou "Jericho Ridge" de Will Gilbey s'apparentant assez clairement à un survival post-Assault totalement alléchant. Optant pour la singularité je me range sur le nouveau long-métrage de Rolf de Heer dont la scène d'introduction laisse présager des choses bien intéressantes. Hélas, il s'agit là d'un faux espoir puisque tout ce qui y succède ne se compose que d'interminables errances dans le désert et, en plus d'une absence totale de rythme, aucun véritable enjeu ne vient se greffer à la narration molle pas vraiment aidée par un parti-pris consistant à ne faire s'exprimer les protagonistes par borborygmes.

Eprouvé négativement par les 40 premières minutes, je m'extirpe la salle et tente de me sauver la séance en arrivant pile à l'introduction de "Jericho Ridge" qui commençait légèrement plus tard.

Et quel choix judicieux ce ne fut pas. Totalement crédible, ce survival post-Assault situé dans un commissariat rural (où une agent de police en convalescence se retrouve bloquée lors d'un incident - on connait la mise en contexte de la situation) amorce progressivement un concept bien huilé et esquive brillamment tous les mauvais poncifs du genre qui, souvent, nous crispent sur notre fauteuil par l'incompréhension totale des actions et choix de nos survivants. Mais avec une mise en scène efficace et un scénario intelligent couplé à une réalisation intense, Will Gilbey parvient à déjouer les codes - à contourner les clichés - et à instaurer une tension palpable.

























On enchaine en fin de journée avec l'intriguant "The sweet east" de Sean Price Williams narrant le parcours d'une jeune fille fuguant durant un voyage scolaire et décidant d'arpenter la côte Ouest des Etats-Unis. Road-trip loufoque et déjanté dans une Amérique d'arrière boutique déchue et insolite, cette petite pépite nous embarque dans différentes contrées à la façon d'un Alice aux pays des merveilles - multipliant les terriers - dans un monde réel qui parait presque irréel et magique.

Au gré de ses rencontres, la jeune Lilian (brillement interprété par Talia Ryder - actrice à suivre) croise une étrange galerie de personnages au départ supposément intimidants mais dont elle descelle rapidement humanité et surtout...vulnérabilité. Ainsi elle passe d'un groupe de de punks anarchiste militant à un suprémaciste romantique jusqu'à des...islamistes adeptes de musique electro.

Parfois inquiétant et souvent drôle, "The sweet east" est une perle d'incongruité qui ne ressemble pas à grand chose et dont il émane une puissante liberté.


-- Tinam (S.M)

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