Etrange festival (2022) (Jours 5 et 6) ( Rimini, La piedad)



Nouveau documentaire de l'incontournable Ulrich Seidl, cet anthropologue des marginaux singuliers qui à travers ses œuvres, dépeint l'humain dans ses penchants supposément inavouables mais exprimées avec une décomplexitude qui peut désarçonner. L'humain dans son entier, dans ce que le prime médiatique et social ne montre pas forcément. Cette fois-ci, Seidl prend destination de Rimini - ville Espagnole désertée en basse saison - et y arpente les hôtels miteux pour y jouer des concerts pour retraités. Mais cette activité n'est pas la seule avec laquelle il arrondit ses fins de mois puisque cet ersatz de Johnny Haliday pour 3éme âge se prostitue auprès de vielles dames esseulées.

Come toujours, Seild dépeint une misère sociale en ne manquant pas de nous attacher à ses protagonistes égarés dans leur vie et en ne lésinant jamais sur un naturalisme sexuel en rupture totale avec les productions occidentales habituées à "glamouriser" le sexe.

Sans délaisser non plus son obsession de la symétrie (que l'on retrouve dans ses plans), force est de constater que Seidl parvient encore à taper juste.

ps : Cette œuvre dénote d'ailleurs particulièrement avec la palme d'or "Sans filtre" (visionné plus tôt dans la journée) qui ne me semble pas rejoindre la ligne éditoriale de ces chroniques et qui, sous une réputation sulfureuse et des airs subversifs, n'en en fait qu'un film d'un politiquement correct et d'une manichéisme éreintant.



Parlons désormais d'un des films les plus étranges de la programmation ; "La piedad".

Signé par un certain Eduardo Casanova déjà connu pour l'excessivement bizarre "Pieles", ce nouveau long-métrage explore à nouveau des thématiques liées au monstrueux, à la maladie et au corps.

Mère ultra-protectrice couvant son enfant malade d'un cancer à travers laquelle on discerne assez rapidement un syndrome de Münchhausen évident, cette trame narrative est émaillée de multiples digressions fantasmagoriques et métaphoriques qui, si elles accentuent la bizarrerie du métrage, perdent parfois le spectateur et peinent définir vraiment un rythme. Si "La piedad" est assurément singulier il est pourtant difficile de savoir si on a réellement ou non apprécié le visionnage.

Mention spéciale pour une fin mettant l'accent plus que jamais sur une certaine "monstruosité".


- Tinam (S.M)

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