Critique : Bad Boy Bubby (1993) (Rolf De Heer)

Synopsis : Bubby a été un enfant battu par sa mère. Il a aujourd’hui 35 ans et il vit toujours avec cette femme odieuse qui continue à abuser de lui et à le nourrir quand elle en a envie. Un jour, son père, un alcoolique, refait surface dans sa vie et celui-ci va tenter de l’extirper de cet environnement malsain. Bubby va enfin sortir de cette maison des horreurs pour découvrir le monde.

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Je vais vous parler ici d’œuvre totalement unique aux nombreux sens et à la passion débordante. Le film commence par 30 minutes introductives extrêmement glauques et dérangeantes où Bubby vit une relation crasseuse et incestueuse dans un taudis avec sa mère obscène. Plus tard, quelques éléments perturbateurs lui permettent de prendre son envole en errance dans un monde qu’il ignore. Au grè de ses pérégrinations, il découvrira la vie tandis qu’il rencontrera des gens, parfois bienveillants parfois profiteurs de sa naïveté et sa simplicité. Durant son périple, Bubby (superbement jouer par Nicolas Hope) découvrira aussi l’art et tentera de comprendre le sens de tout ce qui existe telle une feuille vierge.

C’est ainsi que sa vie commence, qu’il arbore les rues de sa ville sans mesurer les conséquences de ses actes.


Parfois drôle, parfois dérangeant, parfois philosophique, toujours profond et décalé, on a ici une œuvre extrêmement complète qui, comme Santa Sangre (de Jodorwsky) exploite le concept de résilience (inventé par le psychanalyste Boris Cyrulnik). C’est à dire, la capacité à rebondir après un traumatisme et à en sortir transformé de manière constructive. Et ici, il reprend les éléments de ses 35 années de calvaire pour les adapter dans l’art combiné à la folie et ainsi, en faire une catharsis. Bubby rencontrera des gens méchants, des gens bons ,des prostitués, des philosophes, un groupe de rock…Et visitera un bon nombre d’endroits. Comment partir d’une histoire totalement sordide pour aboutir dans un film extrêmement humaniste mais jamais pompeux ou utopiste ? Regardez Bad Boy Bubby car c’est un chef d’œuvre à voir et revoir et on passe vraiment par toutes les émotions, sans exception.


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