L’étrange festival (2020) (jours 7, 8) (The hunted, Spree, Amulet)

Mardi 8 septembre

Présenté d’abord comme un survival/slasher, Hunted du franco-Belge Vincent Paronnaud instille dé le départ une ambiance ténébreuse qu’il développe autour de différentes idées fortement ingénieuses. Détournant avec brio la majorité des codes initiaux du genre, il dévoile une certaine richesse dans sa mise en scène comme dans son propos et ne cesse de se renouveler constamment, empruntant différents arcs narratifs sans jamais tomber dans la redondance. Jouissif et original, Hunted cultive une ambiguïté bien équilibrée entre le loufoque et un sérieux délicieusement empreint d’une certaine inquiétude.

En survolant différentes thématiques (la nature, les rapports hommes/femmes, les contes, la transcendance..ect) avec toujours une certaine pertinence, Vincent Paronnaud ajoute encore de la substance à son récit et parvient à instaurer des thématiques intéressantes sans qu’elles accaparent le récit. Dépossédé d’un quelconque manichéisme, « Hunted » sait être aussi piquant que tordu et donne clairement un nouveau souffle au survival.

Mercredi 9 septembre

Vendu tel un American Psycho de l’ère digital, on devine rapidement que la surabondance du propos peut faire virer le film vers presque ce qu’il dénonce. Probablement insécable au concept, l’acteur principal jouant ce psychopathe déshumanisé au cerveau grillé par son ambition de gloire numérique (saupoudrée Uber/snapchat) n’inspire pas réellement de sympathie mais surtout manque du « contraste » qui nous fascine chez un Jack Gyllenhaal dans Night Call qui entretient finalement plus de rapports avec « Spree » que celui-ci en a avec American psycho. Hélas, le manque cruel d’écriture de Spree et sa volonté de surenchère stérile dénuée d’un réel contexte désamorcent le propos déjà pas vraiment clair si l’on cherche quelque chose qui tient sur plus d’une ligne. Situations invraisemblables survenant de façons inopinée et injustifiée, brouillage de la temporalité; rien finalement transforme ce film en ce qu’il pourrait devenir : attractif. En conclusion, Spree agace davantage qu’il divertit et manque donc à sa fonction de substitution à défaut d’être une potentielle satire efficace.

Ex-soldat devenu SDF à Londres, Tomaz se retrouve hébergé chez une bonne sœur vivant accompagnée d’une jeune femme sauvage s’occupant de sa mère mourante. Un homme donc éprouvé au milieu de femmes chacune particulières lui offrant le toit et le gîte, en voilà une bien curieuse histoire. La narration se ponctue de flashback de notre cher ex-soldat à travers sa vie passée, et les événements deviennent de plus en plus étranges dans l’endroit où il séjourne désormais. Cinéma certes organique sous certains aspects, « Amulet » de Romola Garai est surtout un film féministe, militant et…clairement misandre. Les présentateurs nous ont expliqué le contexte certaines inspirations de la réalisatrice, mais au-delà d’un cinéma horrifique social plutôt banal proposant quelques bons effets visuels, l’évidence de certains traits abusivement exagérés et extrapolés déconnecte plutôt le spectateur.

Tinam (S.M)

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