L’étrange festival (2020) (jours 1,2,3 (Possessor,Grimm re-edit, Fried Barry )

Mercredi 2 septembre

Introduction de l’Étrange festival pour cette première soirée sous le signe de l’organique et des dérives technologiques avec « Possessor » de Brandon Cronenberg qui de toute évidence ne renie pas les thématiques de son paternel. Avec cette seconde tentative de long-métrage plutôt concluante, il rectifie quelques lacunes inhérentes à « Antiviral » et maintient une cohérence narrative qui, cette fois-ci, sait surplomber l’ambiance austère qui pèse lourdement – et pour le meilleur – sur l’oeuvre. En plus d’une construction scénaristique crédible, « Possessor » se laisse aussi aller à quelques exubérances gores pas du tout désagréables et propose une conclusion clairement intéressante. Evidemment, difficile aussi de ne pas succomber à la sublime photographie de Karim Hussain qui ne fait que rendre cette image faussement aseptisée plus éclatante pour la rétine. Une chose s’avère désormais certaine dont on pouvait auparavant douter : Brandon Cronenberg est un réalisateur à suivre.

Jeudi 3 septembre

Révision moderne et sociale des frères Grimm et de leurs contes, ce « Grimm » re-edit de Van Warmerdam est un remontage d’une version antérieure que certains ont probablement dû déjà voir. Ceci n’étant pas mon cas, le comparatif est compliqué. Cependant, du même réalisateur « La peau de Bax » et surtout « The Borgman » ont su s’insinuer dans un le 7éme art comme des œuvres radicalement singulières, efficaces et loufoques. La loufoquerie, Grimm re-edit la conserve. Le reste semble cependant relégué au second plan, peu exploité, même si les idées ne manquent pas. Un frère est une sœur livrés en road-trip dans le monde actuel; du trafic d’organe, un soupçon de quelques autres thématiques délicates. On constate qu’une drôlerie absurde gouverne la narration, que les personnages atypiques tiennent leur rôle, mais la folie semble parfois – surtout lorsqu’on connaît le réalisateur – aseptisée. Pour autant, cette œuvre reste une sympathique curiosité.

Vendredi 4 septembre

Déjà repéré pour le Sadique-master festival de mars mais hélas pas encore prêt à cette période, Fried Barry nous alléchait et promettait des déambulations nocturnes complétement hallucinées sous psychotropes. Avouons d’ailleurs qu’il est difficile de repousser un film se présentant à travers l’histoire d’un toxicomane enlevé par les extra-terrestres et persuadé d’être possédé par l’un d’entre eux. En réalité, le concept du film est porté par la performance (et son indéniable présence à l’écran) de folie – en grande partie improvisée – de l’acteur principal, ce SDF polytoxicomane élancé dans ses folles péripéties. Des dialogues aux moindres situations saugrenues, une aliénation totale gouverne ce premier long-métrage de Ryan Kruger qui parvient à déclencher des crises de rire par sa capacité à déconcerter brillamment le spectateur au-delà de toute rationalité. Imprévisible, dingue, en totale roue libre, on entretient cependant une légère frustration que la violence et l’extrême ne soient pas proportionnel à la folie et un doux manque d’hémoglobine un peu plus abondant (quelques hors champs – peut être par manque de budgets – se posent en trop) se fait sentir. Quoi qu’il en soit, Fried Barry demeure une pure expérience comme on en redemande !

Tinam (S.M)

Sadique-Master 2020 – droits réservés

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