BIFFF 2016: journées 9, 10

Petit préambule, l’ensemble des courts-métrages du Collectifff 2016 fera l’objet d’un compte-rendu distinct, eu égard au nombre d’oeuvres présentées.

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Je vous ai déjà parlé de mon affection toute particulière pour le cinéma sud-américain et espagnol, je ne pouvais donc pas rater la projection de « The Corpse Of Anna Fritz », tant j’étais attiré par la thématique de l’oeuvre. Anna Fritz, brillante actrice mondialement connue, décède dans des circonstances qui ne sont pas très claires. Son corps est entreposé dans une morgue en attente d’autopsie, morgue placée sous la responsabilité de Pau, un jeune infirmier dont les obsessions nécrophiles ne sont pas récentes car il est déjà passé à l’acte par le passé et en a gardé semble-t-il, un excellent souvenir. Pau est donc rejoint par deux compères qui se présentent à l’hôpital, ayant comme idée sous-jacente de reluquer cet illustre morceau de viande froide, ainsi que d’improviser une petite sauterie dans ce lieu quelque peu particulier. Lorsqu’il contemple de visu cette si jolie et si vulnérable donzelle, Ivan est pris d’une pulsion irrépressible de forniquer avec ses chairs glacées, et son ami Pau ne se privera pas non plus, bien qu’une petite surprise l’attende au « fond du tunnel ». Une ambiance glaciale, pour un huis-clos bien anxiogène, ponctuée de nombreux twists, font de The Corpse Of Anna Fritz, un sympathique oeuvre, qui a le mérite de tenir le spectateur en haleine pendant 76 minutes malgré quelques incohérences assez flagrantes. Par ailleurs, je me demande si une des sources d’inspiration principale pour cette première oeuvre ne serait pas un certain film de Tarantino, ce qui ferait de lui l’arroseur-arrosé, car il pourrait être perçu comme un spin-off de Kill-Bill et même s’intituler « The Corpse Of Béatrix Kiddo ».

Ma note: 6/10.

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L’excellent Green Room de Jeremy Saulnier ayant déjà fait l’objet d’un compte-rendu sur le site, je vous engage à cliquer sur le lien suivant http://www.sadique-master.com/reviews/paris-international-fantastique-film-festival-jour-6-southbound-green-room/.

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Vient ensuite « The Laundryman », très belle découverte venue de Taiwan, avec à la réalisation Chung lee qui apporte un vent de fraîcheur sur un cinéma qui – à mon sens – est devenu un peu trop Hollywoodien. Le problème lorsqu’on chronique des films asiatiques, c’est que tous les personnages portent des prénoms composés à la con (genre Keë-Jyu-Lingh), donc j’ai pris une grande décision aujourd’hui et ce également pour mes chroniques futures: les hommes s’appelleront Marcel et Jean-Claude et les femmes Gilberte et Monique; question de facilité. Donc Marcel travaille pour une entreprise de blanchisserie un peu particulière, car en sus de nettoyer tous les textiles, ils assassinent n’importe qui sur simple demande et moyennant finance, en se débarrassant même du cadavre en leurs locaux, c’est pas du service grande classe ça? Marcel, qui est le meilleur élément de l’entreprise, est sans pitié dans le cadre des contrats qu’il doit accomplir, allant même jusqu’à exécuter des vieux (plus aucun respect cette jeunesse, j’vous l’dis mon bon monsieur). Le seul bémol, c’est qu’il est hanté par les fantômes de ses victimes, c’est pourquoi sous les conseils de sa patronne Monique, il fera appel aux services d’une voyante extra-lucide prénommée Gilberte pour en finir avec ces visions horribles qui le hantent nuit et jour.  Oscillant sans arrêt entre l’action, le paranormal, le thriller, le gore et un humour particulièrement décalé. J’en veux pour preuve cette scène hilarante ou Gilberte, sous la pression de Marcel, se fend d’une longue et abondante diatribe, superbement absurde concernant un chat (mention spéciale aux traducteurs qui ont pu apporter une cohérence en anglais à des jeux de mots déclamés en chinois).  The Laundryman est un mélange original et très justement dosé de Ghost graduation, Léon, ainsi que des meilleurs oeuvres des Monty-Pythons, sans jamais que l’ensemble ne paraisse surfait. Vous l’aurez compris, The Laundryman est une superbe découverte de cette 34éme édition, et je gage que le film risque bien de faire parler de lui à l’avenir. Pour les prénoms d’emprunts, vous m’excuserez encore, je sais pertinemment qu’ils font moins exotiques que les originaux, mais mon bien-être et ma santé mentale sont bien plus importants que votre soif de dépaysement, puis si ça vous plaît pas, prenez un billet d’avion et prière de ne pas me faire chier.

Ma note: 8/10.

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Deuxième Sono Sion du festival, j’aurais dû me méfier, c’est reparti pour un délire qui traite encore de petites culottes… Néanmoins l’ensemble est plus facile à digérer que The Virgin Psychics, daube dont je vous avais parlé il y a quelques jours. Monique est la seule rescapée d’un accident de car très particulier, à l’issue duquel toute sa classe a « perdu la tête » au sens propre, lors d’une scène d’ouverture assez homérique. Elle a cependant assimilé une faculté rare, celle de pouvoir prévoir prophétiser la mort de ses congénères à l’instar d’une Cassandre des temps modernes. C’est dans cette état d’esprit que Monique va se retrouver dans de multiples univers parallèles, tous aussi sanglants et violents les uns que les autres. Mélange de poésie et de violence extrême, ode à la liberté des choix et réflexion sur la rébellion implicite d’une jeunesse gavée de jeux vidéos et de télé-réalité, TAG fait mouche dans ses parti-pris. Bien plus structuré qu’il n’y paraît en sortie de salle, il fait partie de ces films qui ne bouleversent qu’après coup, lorsque le spectateur a eu le temps d’assimiler et de digérer les scènes de débauche graphique auxquelles il a assisté pendant 85 minutes. C’est à cet instant précis que le déclic s’opère et que la l’introspection devient de rigueur, poussant à une réflexion globale sur sa vie et à la dérive de ses choix. Le point négatif en ce qui me concerne, sont ces horribles effets spéciaux numériques se répétant encore et encore, le plus pénible étant dans les scènes gore, rien de tel que les bon vieux SFX de l’époque.

Ma note: 7/10.

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L’idée de revisiter le mythe de Cendrillon des Frères Grimm de manière beaucoup plus sombre, n’est en soit pas une mauvaise idée, l’exploiter correctement en est une autre. Thomas hérite d’une vaste demeure familiale, et est en proie à ces cauchemars réguliers, remplis de démons d’une jolie jeune femme qui dort, qui parfois au détour d’un baiser lui fait quelques confidences « qui font trop peur ». Hormis de l’originalité dans la photographie et dans les prises de vues, la présence pour la première fois à l’écran de Ethan Peck (petit-fils de Grégory Peck), à qui on laissera une autre possibilité de nous prouver qu’il pourrait avoir hérité d’une partie du talent de son grand-père, ainsi que la plastique sublime de India Esley, il ne reste qu’un final approximatif et prévisible, précédé d’environ 80 minutes barbantes à souhait.
Ma note: 3/10.
BL (Adam Korman).
Sadique-Master 2016 @droits réservés.
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