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PIFFF (2017) (Jours 5 et 6) (Revenge, Matar a Dios, Shin Gozilla)

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Avant dernière journée du PIFFF et l’attente se fait désirer pour Revenge, le nouveau film Français qui semble faire du bruit et renverser la mièvrerie des productions nationales standard. Pour son premier long-métrage, Coralie Fargeat s’essaie à un survival musclé dans le désert vendu comme un objet cinématographique radical de l’acabit d’œuvres comme Haute Tension ou A l’intérieur.
Un trio de chef d’entreprise fortuné (qui ressemblent quand même plus à des rednecks nationaux) séjournant dans une maison reculée au fin fond désert du Maroc se livre à leur partie de chasse annuelle. L’un d’eux ramène avec lui une jolie demoiselle, mais un accident survient et ils laissent celle-ci pour morte. D’emblée, la réalisatrice nous montre les hommes (en parallèle à leur sage vie de famille) comme obsédés par cette femme très érotisée, l’objet de leurs désirs. Un contexte propice, et tout peut changer. Dés lors commence la partie de chasse humaine ponctuée de morts sanglantes et de violence radicale – mais peut être pas tant que ça. Volontairement esthétisant, Revenge propose des scènes gores certes généreuses qui confondent la générosité graphique avec une contemplation parfois narcissique.
L’aspect immersif éventuellement recherché disparaît alors au profit d’une aseptisation qui désamorce l’intensité pour ne laisser qu’une violence comme dépossédée de sa substance.

Intriguant, la nouvelle curiosité Espagnole Matar A dios contient un pitch qui interpelle dans lequel un sans abri s’invite lors d’un réveillon de Noel chez une famille et prétend être dieu tout en précisant que la fin du monde approche. Sans aucunement cacher l’influence du cinéma d’Alex de la Iglesia et son gout pour la satire acérée, Caye Casas et Albert Pintó nous livrent une oeuvre drôlement intelligente qui tiraille les liens familiaux en questionnant à la fois sur la vie, la mort, et dieu. D’apparence léger, le propos pertinent est soutenu par un rythme habile et une narration fluide où chaque élément se dévoile sur un ton aussi fantasque que décalé. Curieusement, Matar A dios s’avère plus efficace que Pris Au piège (dernier de la Iglesia en date) par sa folie et son excentricité souvent accompagnées par un humour noir décapant.

Retour aux inventeurs de cette grande créature, Shin Gozilla de Hideaki Annoet Shinji Higuchi fait l’objet d’une nouvelle oeuvre cinématographique mais provient cette-fois ci du Japon et compte bien revenir aux sources du kaijū eiga (film de monstres essentiellement géants)  en reprenant les codes initiaux avec un budget et les moyens d’un blockbuster fantastique/SF actuel.
Tout d’abord, difficile de ne pas rire à la vue de la première apparition de ce brave Gozilla aux yeux globuleux qui semble presque fabriqué avec de la patte à modeler. Mais la créature évolue physiquement et devient plus impressionnante, surtout lorsqu’elle cause des dégâts colossaux dans la ville et que nous constatons une application du réalisme bluffant de la part des réalisateurs pour la destruction des décors urbains. Hélas, les creux entre les scènes d’action irréprochables sont meublés par des discussions parfois interminables et souvent peu signifiantes qui peuvent peser sur le rythme.
Mais outre cela, Shin Godzilla reste bien plus attractif que la majorité des blockbuster Américains du même genre.

– Tinam (S.M)

Sadique-Master 2017 – droits réservés

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