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PIFFF (2017) (Jours 3 et 4) (68 kill, Tigers are not afraid, Sicillian Ghost Story)

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Cette journée commence plus énergiquement avec le jouissif 68 kills de Trent Haaga qui nous livre multiples portraits hauts en couleur de loosers excentriques vrillant dans la folie, parfois contre leur gré. Déjà repéré pour le scénario du détonant Cheap Thrills et pour la réalisation de Chop, Trent Haaga, connu aussi pour avoir fait ses classes à Troma, nous livre un déferlement de situations incongrues avec une écriture faussement en roue libre qui laisse le champ à une violence décomplexée quasiment ininterrompue et diablement inventive.
D’un pauvre type qui ne sait pas dire non aux femmes et se retrouve embarqué dans une descente aux enfers plutôt radicale s’amorce un grand joyeux bordel déroutant et imprévisible dont il est difficile de ne pas retirer du plaisir.

Film Mexicain soutenu par Guillermo Del Toro et Stephen King, Tigers are not Afraid s’est (pour reprendre les propos des organisateurs) glissé dans la programmation du PIFFF à la dernière minute tant celui-ci leur a semblé indispensable. Dans les bas fonds du Mexique, ce compte initiatique où évoluent 5 orphelins et une nouvelle venue retranscrit la misère sociale de leur pays à travers le subterfuge de l’imaginaire dans un monde pourtant cruellement réel. Touchant dans son approche, Tigers are not Afraid peut parfois paraître étrangement (trop) doux par rapport à la thématique abordée – sublimé (ou aseptisé) par le crible de cet aspect fantasmagorique. L’oeuvre va sans nuls doutes séduire et ce n’est pas par hasard qu’il a remporté le double prix long métrage du PIFFF en se montrant attractif pour un public assez large et peut être frustrant pour qui y recherche une viscéralité plus radicale ou éventuellement un ton plus décalé.

Avec déjà plusieurs films à la tonalité ou l’approche légèrement ou explicitement mélodramatique  comme le précité Tigers are not Afraid qui ne cache pas sa recherche de la sentimentalité, Sicilian Ghost Story s’essaie à associer plusieurs influences sans grand succès.  Dans un petit village de Sicile, un jeune garçon disparu dénommé Giuseppe fait le fruit d’une enquête peu concluante des autorités découragées, tandis qu’une jeune fille amoureuse du concerné mène avec acharnement sa propre enquête et s’enlise dans de sales draps puisque son tendre amour est détenu captif par la mafia. Le socle de Sicilian ghost story se base sur la relation amoureuse juvénile entre les deux personnages mais la narration n’exploite que la vision de Luna (la jeune fille) et manque clairement de consistance pour atteindre l’intimisme ou la puissance émotionnelle d’un « Morse » – d’autant plus que la symbolisation spectrale du « manque » emmêle la ligne directrice déjà rattrapée par la dure réalité sous-exploitée de la thématique mafieuse toujours en arrière-plan. Ainsi, la volonté de croiser plusieurs thématiques en tentant de les faire évoluer distinctement annule une pleine exploitation de chacune, et l’alchimie ne prend pas.

– Tinam (S.M)

Sadique-Master 2017 – droits réservés

 

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