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(PIFFF ) (2017) (jours 1 et 2) (Ghost Story, Blade of the Immortal, The Endless)

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Comme chaque année, prenons place pour la 7éme édition du  Paris international fantastic film festival (PIFFF) qui s’inaugure cette année avec Ghost Story de David Lowery en guise d’ouverture.
Difficile de ne pas s’imaginer prendre une tasse dans une bibliothèque bien rangée lorsque l’on voit défiler les premières scènes de cette oeuvre supposément introspective qui repose presque uniquement sur son concept : la symbolisation du deuil.
Dans son idée, ce concept certes déjà utilisé sous différentes perspectives (et mieux que jamais dans l’éprouvant « Moi zombie, chronique de la douleur« ) peut toujours s’avérer efficace, et la série The Leftovers nous le rappelle à chaque épisode de chaque saison. Hélas, rien hors de cela ne parvient à constituer un réel intérêt, et la réalisation parfois Tarkovskienne des longs plans séquences sur des détails insignifiants ne fonctionne pas, surtout lorsque David Lowery s’essaie à représenter la morosité nihiliste du deuil lors d’une interminable dégustation de tarte aux pommes d’une durée de 5 foutues harassantes minutes. Sur sa dernière partie, Ghost Story brise enfin la glace et utilise la beauté formelle de sa photographie pour se livrer à quelques scènes oniriques agrémentées d’une forme de surréalisme plutôt séduisante qui transcende momentanément la symbolique initiale jusque-là cantonnée à son concept.

Plus léger, nous enchaînons avec Blade of the Immortal, une nouvelle adaptation manga de Takashi Miike qui, du haut de son 100éme film (véridique), affirme son intarissable productivité. Mais depuis combien de temps n’avons nous pas été véritablement retournés par un film de ce cher Miike ? Productions de commande ou nouvelle petite expérimentation, l’époque Visitor Q et Audition nous paraît désormais fort lointaine face à ces nouvelles œuvres constamment étirées en longueur qui ne surprennent plus depuis des lustres. Sans s’avérer purement mauvais, l’intérêt de Blade of the Immortal (énième histoire de samouraï,) se montre rapidement limité, et la violence qu’on connaît au cinéma de Miike s’en trouve considérablement aseptisée.

Déjà repéré pour leur cinéma introspectif (surtout avec le sublime « Spring »), le duo Justin Benson/Aaron Moorhead ne cesse de séduire par sa beauté et de surprendre par par une indépendance qualitative écartée des grosses productions sans pour autant que le professionnalisme ou la rigueur en pâtisse.  Avec The Endless ils s’associent avec un « vrai » producteur mais entretiennent leur emprise sur le film puisqu’ils s’intègrent chacun comme acteurs dans les deux rôles principaux en interprétant deux frères de retour dans une secte quittée 10 ans auparavant. Avec un sens très littéral non pas dénué de symbolique, Justin et Aaron jouent avec le scepticisme du spectateur à travers leur propre personnage en proie aux doutes face à des événements mystérieux parfaitement inexplicables. Chaque élément interpelle et la beauté inexplicable conjuguée au charme de la réalisation parvient à instaurer une ambiance qui marque l’intérêt de l’oeuvre en envoûtant, et ce par-delà même le scénario déjà captivant. Une séduisante curiosité.

– Tinam (S.M)

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