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Paris international fantastique film festival – Jours 3 et 4 (Evolution, Der Nachtmar, The survivalist,Deathgasm)

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Jeudi 19 novembre

evolution

Après avoir marqué définitivement son style avec le sublime « Innocence » (2004) Lucile Hadzihalilovic réitère certains éléments qui  ont su  jusque-là marquer l’identité atypique de son cinéma intrusif. Dans un lieu clos toujours, les jeunes filles innocentes sont cette fois-ci troqués contre de jeunes garçons traversant eux-aussi des situations déroutantes. Nicolas, 10 ans cherche le sens des étranges expérimentations dont ses camarades sont sujets et s’interroge sur les occupations nocturnes et régulières des femmes qui gèrent cette petite île isolée de tout. Profond dans son traitement, Evolution exploite et exhume certaines angoisses primaires et  les détourne pour une vocation qui nous est jusque-là inconnue mais qui pourtant noue une véritable intrigue, presque obsessionnelle. Filmée avec une intemporalité unique, la puissante poésie hypnotique qui ressort n’a de cesse de fasciner le spectateur, parvenant à l’envoûter dans un monde différent où les décors et le ton naturaliste parviennent à justifier d’eux même certaines dérives d’apparences malsaines sans pour autant leur donner de raisons. Anxiogène et pourtant gouverné par une certaine splendeur, nous sommes face à l’impossibilité de définir cette ovni cinématographique.
Une fable surréaliste mais surtout subjuguante pour le meilleur de nos yeux émerveillés et de nos cerveaux lavés qui s’évoque par des images sur lesquelles il est bien difficile de poser des mots.

Vendredi 20 novembre

Der-Nachtmahr-poster

L’hypnotisme pictural est cette fois-remplacée par des coups de stroboscopes assénés droits dans la face du spectateur, et ceux-ci s’accordent au moins avec le rythme surdynamité de Der Nachtmar, traduit par une violente plongée dans la jeunesse Berlinoise. Métaphorique dés le départ, l’angoisse que le trailer pouvait laisser présager donne finalement place à un ton plus décontracté qui n’hésite pourtant pas à flirter avec le loufoque. Sans être forcément novateur dans ses thématiques abordées, l’assemblement de celles-ci permet une mise en perspective pertinente et rend le noyau dur de l’histoire plutôt touchant malgré l’excentricité qui ponctue les différentes lignes conductrices de cette oeuvre définitivement assez anarchique dans sa structure. Progressivement, le fond et la forme se conjuguent et parviennent à apporter une certaine justesse appréciable qui propulse cette belle surprise bien plus loin que son apparence attractive.

the survivalist

Post apocalyptique minimaliste, The survivalist retranscrit le quotidien d’un ermite prêt à tout pour défendre ses biens durement acquis, quitte à faire face aux visiteurs hostiles avec virulence.  Dans une approche humaniste, nous y suivons les journées, épisodiques mais complémentaires de notre homme qui visiblement semble avoir perdu tout espoir. Si The survivalist parvient à livrer avec réalisme une histoire cohérente et efficace, il n’apporte cependant pas grand chose au genre et se révèle plutôt limité en intérêts. Bien qu’il soit possible de se contenter des éléments fondamentaux, difficile de rechercher une concrète transcendance dans cette oeuvre qui sans être ratée, ne marquera surement pas les esprits de manière indélébile.

deathgasm

La journée se termine en beauté avec le littéralement jouissif Deathgasm, une comédie déviante totalement déjantée qui ne manquera pas de nous rappeler la période trash de Peter Jackson et Sam Raimi, sans cesse ponctués par une réplique culte entre deux bouts de barbaques tranchés. Un hommage à la culture metal allègrement accompagné de références piquantes et humoristique, parfois auto-dérisoire  mais sans jamais être moqueur. Un rythme détonant qui fonctionne d’autant plus en parfaite adéquation avec le contexte festif d’une séance en festival, sur grand écran. On peut dire que cette petite bombe a su susciter l’enthousiasme du public et l’ingéniosité de l’écriture, d’une fluidité à toute épreuve, n’y est surement pas pour rien.

– Tinam (S.M)

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