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Paris international fantastique film festival – Jour 5 (Don’t Grow Up, Bridgend)

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Samedi 21 novembre

don't grow up

En cette journée où le programme semble visiblement dédié au malaise adolescent, nous commençons par le mystérieux Don’t Grow Up de Thierry Poiraud.  Mystérieux, car l’histoire s’introduit sur un cente de redressement pour adolescents visiblement laissés à l’abandon par les surveillants curieusement disparus. Des questions s’imposent dés le départ mais les réponses ne viendront que plus tard, car pendant ce temps, nos jeunes voués à l’errance profitent éphémèrement d’un monde libre où désormais plus rien ne peut entraver leurs désirs. Le réalisateur livre un message touchant sur une innocence fragile qui refuse de grandir et voit l’adulte comme une potentielle menace, ici exacerbée lorsque la narration vire au fantastique. Divisée sensiblement en deux parties, la première instaure une véritable atmosphère, happe le spectateur et ne cesse de captiver. La seconde, plus mitigée mue sa sensibilité en pathos parfois trop mélodramatique où le contraste avec le sujet initial semble perdre de sa force. On pourrait à certains égards considérer cette oeuvre comme une variante des Révoltés de l’an 2000  inversé, efficace  mais frustrant.

bridgend

Reprenant un fait divers accablant survenu entre 2007 et 2009 dans le comté de Bridgend (titre du flm) cette oeuvre intimiste nous immerge dans le quotidien d’un groupe de jeunes au sein duquel une étrange vague de suicides espacés a bouleversé la vie de cet endroit qui semble porter un lourd fardeau tant l’ambiance y est morose. Le réalisateur Jeppe Ronde choisit de relater les faits avec une incroyable justesse et des protagonistes à fleur de peau parvenant à retranscrire le mal qui les ronge avec une rare puissance. Poétique, sensible et terriblement mélancolique, la dépression inexpliquée qui plane dans Bridgend ne peut nous laisser indifférent et la beauté visuelle créée un imposant contraste qui ne fait que rendre plus cruel ce douloureux voyage dans les méandres de l’acédie humaine. Derrière la caméra, une authenticité, une sincérité se ressent et se valide d’elle-même en crédibilisant les faits avec l’intégration de plusieurs survivants de cette vague de suicides au cœur même du récit.

– Tinam (S.M)

Sadique-Master 2015 – droits réservés

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