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L’étrange festival (2018) (jours 7 et 8) (Luz, L’heure de la sortie, L’ange du nord, Perfect)

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Mardi 11 septembre

L’étrange festival propose à chaque édition un certain lot d’OFNI qui bien évidemment divisent leur public, et cela fait partie de ses qualités. Luz, film Allemand de Tilman Singer fait partie de ceux-là. Comme l’évoquent les propos du réalisateur lors de la présentation, l’idée du concept a démarré sur une séance d’hypnose par la police Allemande au cours d’un interrogatoire. Ainsi, dans un état de transe partagé (introduit par cette chauffeuse de taxi débarquant sur place) chaque protagoniste rentre dans un état de réalité altéré où les notions du vrai semblent flouter. Tout ou presque se déroule dans ce commissariat et la temporalité se retrouve perturbée lorsque la narration alterne entre la folie présente et les flash-back censés éluder les faits. Quelles sont les intentions de chacun et la finalité de cette histoire ?
Sans analyser le sens assez complexe de tout ceci, Luz séduit d’abord par son ambiance et sa belle image 16mm scope propre à certains films Allemands de l’époque. Non pas dénué de certains défauts tels que son rythme ou ses trous narratifs, Luz reste intriguant et s’en sort honorablement puisqu’il s’avère de surcroît être un projet de fin d’études d’un jeune réalisateur.

Mercredi 12 septembre

Si l’on excepte Climax de Gaspar Noé ayant déjà bien tourné sur les grands écrans (et hors compétition), L’heure de la sortie de Sébastien Marnier est LE film Français (au style bien assurément Français) attendu de cette compétition.  On voit ces temps-ci fleurir un renouveau du cinéma de genre Français avec des œuvres parfois discutables (Grave, Revenge…ect) mais souvent propulsés par la presse au devant de la sphère médiatique audiovisuelle. Plus sobre que les œuvres précitées, L’heure de la sortie mise davantage sur le sens de son propos que sur ses exubérances visuelles ou ses excès, et c’est tout à son honneur. Un prof remplace son prédécesseur curieusement défenestré et hérite d’une classe d’élite formée sur un modèle quelque peu expérimental d’élèves surdoués.  Parallèlement à cela, cet enseignant mène une thèse sur La métamorphose de Kafka qui vient s’introduire métaphoriquement dans le récit. Sans que l’on ne sache pourquoi, ces élèves commettent d’étranges actes (parfois violents envers eux ou leurs camarades) et manifestent un comportement de plus en plus inexplicable les préparant, selon eux, à un événement majeur qui va changer le monde. Outre un discours écologique parfois redondant, plusieurs thématiques telles que l’inadaptation/la différence, la sensibilité, la solitude sont abordées et forment un tout plutôt efficace lorsqu’ils sont exposés conjointement à la réflexion finale. À cela, le mystère bien entretenu permettant par la même occasion d’huiler la narration démarque ce long métrage de Sebastien Marnier des productions Françaises habituelles, d’autant plus celles actuelles qui souffrent souvent de leur affligeante banalité.

Second documentaire de cette sélection, L’ange du Nord de Jean-Michel Roux nous plonge dans l’esprit du peuple Finnois et plus spécifiquement au cœur de l’impact socio-culturel qu’a pu avoir le populaire tableau de L’Ange Blessé. Passionnant sujet d’étude, cette oeuvre picturale d’un artiste inconnu pose surtout le contexte symbolique d’un peuple profondément animiste qui n’a jamais cessé de croire à l’âme humaine, aux anges et à l’au-delà. Quelle est donc la signification de ce tableau qui a marqué au plus profond un pays entier, et pourquoi une telle impacte? Jean-Michel Roux part à la recherche de ces réponses et instruit le spectateur autant qu’il le captive à travers une érudition spirituelle du sublime, du mélancolique et de l’immensité.

Dur dilemme entre le visionnage de Perfect Skin (les titres se confondant parfois) et de Perfect d’Eddie Alcazar diffusé au même moment avec la possibilité de n’en voir qu’un seul, j’ai pour ma part opté pour ce second puisqu’il semblait proposer un cinéma atypique, singulier et différent. Dés ses premières minutes, Perfect montre un visuel ultra stylisé dont le travail esthétique peut d’emblée presque éblouir tant chaque détail de l’image traduit une sorte de « perfection » relative au titre de l’oeuvre. Narrativement et visuellement plutôt experimental, nous essayons parfois tant bien que mal de tenir le fil conducteur de l’histoire – un jeune homme se réveillant aux cotés de sa compagne morte, envoyé par sa mère dans une clinique très spéciale censée soigner ses « problèmes ». Gouverné par des monologues philosophiques et des allégories successives (parfois abusives) on ne sait trop où situer Perfect entre la prétention et l’ambition puisque celui-ci aurait pu se boucler en environ une demi-heure. Cependant, il est toujours intéressant de voir des œuvres comme celles-ci tentant d’innover et soignant formellement leur style comme leur réalisation certes pas vraiment conventionnelle.

– Tinam (S.M)

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