Menu
0 stars

L’étrange festival (2018) (jour 3) (Kafou, Liverleaf)

, , , , ,  

Vendredi 7 septembre

L’étrange festival se targue souvent de dénicher des films surprenants en provenance de pays peu communs où la production cinématographique est presque inexistante.
C’est le cas de « Kafou », cette oeuvre de Bruno Mourral qui change radicalement le champ audiovisuel Haïtien jusque là cantonné à quelques petites ébauches d’ONG humanitaire captant son lot d’images exotiques puis repartant à leurs affaires.
Chance pour nous, le réalisateur présent lors de la diffusion nous pose le contexte de Kafou tourné dans des quartiers de non-droit dirigés par les gangs haïtiens où règne un climat de tension extrême transformant le tournage en véritable chaos permanent à un tel point que les anecdotes insolites se multiplient chaque jour. Explicitement inspiré du cinéma occidental tarantinesque dans sa mise en scène, Bruno Mourral démontre de surcroît avec Kafou une certaine habilitée à l’écriture et au maintien d’un rythme fluide. Ce qui devait être une livraison sans encombres par deux coursiers liés à la criminalité devient le théâtre de retournements rocambolesques efficacement inventifs dans un univers brutal et imprévisible.

Premier film Japonais de cette sélection, Liverleaf adapté du manga de Rensuke Oshikiri et réalisé par Eisuke Naito aborde une triste spécialité du Japons n’étant autre que le harcèlement scolaire et les innombrables suicides qu’ils causent chez les jeunes. Véritable phénomène de société, l’aspect sociologique de la chose est laissée en second plan afin de se concentrer essentiellement sur la dramaturgie nippone nihiliste et l’ultraviolence dont les influences à Battle Royal évoquées ne tardent pas à surgir. Face à des soucis d’intégration, Haruka subit le harcèlement scolaire de ses camarades d’école, mais celui-ci atteint un point de non-retour lorsqu’ils décident d’incendier sa maison et causent la mort de ses parents et sa sœur encore à l’intérieur à ce moment-là.
Sans aucune concession, les quelques éclats de sentimentalité se retrouvent ravagés par une violence radicale autant psychologique que visuelle détruisant sans aucune retenue le moindre soupçon moraliste sur son passage.
Eisuke Naito plutôt jusque-là habitué aux teen movies nous assène une sacrée claque inattendue, jouissive et perturbante.

– Tinam (S.M)

Sadique-Master 2018 – droits réservés

The following two tabs change content below.

Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.
  • Les point positifs

  • Les points négatifs

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :