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L’étrange festival (2018) (jour 2) (Life Guidance, Utoya, 22 juillet, The dark)

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Jeudi 6 septembre

Seconde journée de l’étrange festival et nous débutons avec Life guidance, film d’anticipation réalisé par Ruth Mader que l’on nous présente satire de l’hypercapitalisme aux relents d’œuvres cultes telles que Brazil ou Bienvenue à Gattaca. Un homme productif dans une belle famille approché par une entreprise censée le guider dans ses choix de vie jusqu’à une perfection inatteignable se voit passer inéluctablement par un doute faisant tout basculer. Dés les premières images il transparaît surtout une froideur clinique propre à la rigidité du cinéma Autrichien où l’on y retrouve même les obsessions symétriques d’Ulrich Seidl. Hermétique pour certains, déstabilisants pour d’autres, ce choix de réalisation accompagné d’un rythme lent et d’un cynisme parfois loufoque nous remémore là le cinéma du Grec Yórgos Lánthimos.
Or, même si son étrangeté peut captiver, Life guidance inspire des sensations de déjà vu qui ne le rend pas complétement surprenant. Pour autant, le concept reste intéressant et certaines idées ne manquent pas d’intérêt. Sans forcément transcender, Life guidance remplit sa mission.

Sujet controversé puisque « Utoya, 22 juillet » traite du massacre perpétré par l’ultra-nationaliste Norvégien Anders Brievik sur l’île d’Utoya où séjournait un camp de jeunes socialistes, ce film d’Erik Poppe adoptant de surcroît un réalisme extrêmement crédible en plan séquence avec des acteurs inconnus ne peut laisser indifférent. Avec une volonté de retranscrire sans concessions la violence de la situation, Poppe nous plonge en immersion avec une mise en scène précise, spontanée, et progressive incroyablement efficace. Pourtant, il choisit une approche raisonnablement pudique avec peu de violence visuelle mais une intensité décuplée par la subjectivité transmise à travers la vision des victimes pourchassées par une/des (persuadés que plusieurs tireurs les persécutent sur l’île tant les bruits de balles se multiplient sans cesse) personne(s) dont ils ignorent le profil ou le motif. Ainsi, Breivik n’apparaît jamais ou presque à l’écran et Poppe se concentre exclusivement sur la détresse des victimes avec une habilité stupéfiante. Mention spéciale pour le travail sonore remarquable accentuant l’intensité de la situation et sondant de façons approximative la proximité du tueur face aux jeunes. Un véritable uppercut dont nous en ressortons complétement essoufflés.

Nous terminons la journée par « The Dark » de Justin P. Lange qui, même si il change le contexte, nous rappelle beaucoup Martin de Romero ou Morse de Tomas Alfredson par l’amitié qui noue une petite fille brisée avec un/une jeune « monstre » humanisé. Indépendamment des influences évidentes, The dark s’en sort honorablement et démontre une certaine radicalité parfois cependant atténuée par un sentimentalisme redondant qui désamorce la potentielle puissance émotionnelle qui pourrait en émaner.
Avec quelques éléments intéressants et certaines idées (ou variations d’idées) originales, Justin.P Lange instaure un climat qui semble stagner et une austérité qui ne perce malheureusement pas en raison d’un contenu trop en retenu.

– Tinam (S.M)

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