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L’étrange festival (2017) (jours 5 et 6) (The last family, cold skin, Ni juge ni soumise, The misandrist)

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Dimanche 10 septembre

La Pologne regorge d’artistes stupéfiants et les plus marginaux d’entre eux vivent encore dans la précarité, comme c’est le cas du peintre Zdzislaw Beksinski dont Jan P. Matuszynski nous livre avec The Family une brillante biographie en retraçant son parcours, son intimité, et sa mort violente. Avec une introduction formée de confidences sur les fantasmes sadomasochistes de l’artiste habité par son subtil humour noir, les éléments-clés de son quotidien nous approchent de sa personnalité complexe et singulière pour en dresser un portrait touchant et déconcertant dans une Pologne sordide. Avec un contexte familial peu réjouissant composé de sa femme bigote et de son fils suicidaire et névrosé, le cynisme de Beksinski apparaît comme un impénétrable bouclier et son art comme la catharsis évidente, ultime. Par l’entremise cette biographie, Jan P. Matuszynski offre au spectateur l’occasion de déchiffrer une nouvelle manière d’aborder et de gérer les sentiments, surtout les plus intenses.

Après Frontière(s), Xavier Gens avait démontré à ses spectateurs sa capacité à livrer un cinéma généreusement gore, en dépit de toutes ses imperfections. Avec The Divide, il affine la psychologie de ses protagonistes et gagne en crédibilité avec une oeuvre puissante. Hélas, Cold Skin marque un retour en arrière dans l’ambition cinématographique du réalisateur. En voulant livrer une oeuvre « lovecraftienne » dont bien peu d’éléments se raccordent aux travaux d’H.P , il s’égare dans un cinéma fantastique visuellement irréprochable et à la réalisation maîtrisée mais complémentent aseptisée et sans aucune saveur. Basé sur un scénario presque en 8 clos  situé sur une île occupée seulement par un phare, rien de transcendant n’émerge des idées finalement bien convenues de Xavier Gens – ou plus exactement de l’écrivain Catalan Albert Sanchez Pinol dont est adapté le long métrage. Non pas dénué de qualités, Cold skin et sa propreté standardisée semble plus avoir sa place dans un Gaumont qu’à l’Etrange festival.

Lundi 11 septembre

Quel bon fan de l’émission n’a jamais rêvé de voir une résurgence en format long de l’irrévérencieuse émission franco-belge « Strip-tease » ? « Ni juge ni soumise » nous offre ce cadeau et dans toute sa splendeur. Nous y suivons le quotidien d’une juge pour le moins atypique qui tente d’élucider une ancienne affaire encore non résolu traitant du meurtre de deux prostituées dans le centre de Bruxelles. Le patchwork de personnages singuliers qui passent la porte de son bureau s’avère complétement hallucinant et découle sur des conversations absolument surréalistes agrémentées par le cynisme à toute épreuve de la juge Anne Gruwez qui apparaît déjà dans l’épisode « Madame la juge » de l’émission Strip-tease. Les situations loufoques s’enchaînent et les méthodes de travail décomplexées qui sont appliquées face aux accusés et aux témoins induisent parfois le spectateur à une hilarité inattendue. Mais toute la force de ce documentaire où moults portraits singuliers y sont dépeint réside dans le contraste entre les scènes qui suscitent des crises de rires et celles qui provoquent l’effroi – comme notamment une affaire d’infanticide causée par une mère psychotique, les yeux écarquillés,  presque en transe mystique au moment où elle raconte les faits. Du génie !

La journée se termine par un nom connu de la scène queer subversive : Bruce Labruce. Effectivement, après une tentative de cinéma plus traditionnel mais efficace avec Gerontophilia, il retourne dans la pornographie avec une oeuvre ultra-féministe que Valérie Solanas n’aurait pas reniée. « The misandrist » qui porte bien son nom met en scène une farce surréaliste où des armées de femmes suréquipées affrontent la phallocratie jusqu’à asservir littéralement les hommes. Parfois original, le rythme souffre cependant de ses dialogues dispensables et de sa réalisation bancale où certaines initiatives utilisées à outrance deviennent indigestes.

– Tinam (S.M)

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