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L’étrange festival (2017) (jours 3 et 4) (The family, Tokyo vampire hotel, Purgatoryo, Game of death)

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Vendredi 8 septembre

Aujourd’hui nous débutons la journée avec un des documentaires les plus bouleversants que nous pourrons voir cette année; à savoir « The Family » de Rosie Jones. Une rétrospective douloureuse d’une secte qui a meurtri l’Australie au plus profond de sa chair et qui à ce jour ne cesse de perdurer secrètement, ravivant ainsi les traumatismes de toutes les personnes impliquées de prés ou de loin dans cette affaire. Les victimes ou leurs proches, les agents de police sur l’affaire, les juges…Dans ce foudroyant fait divers chacun s’exprime devant la caméra de Rosie Jones qui se charge de mettre en lumière (avec notamment des archives stupéfiantes) la structure de la secte et l’influence considérable qui lui permet de survivre et d’exercer son ascendance sur ses « disciples » convaincu de se préparer pour une apocalypse imminente et conditionné (avec de la maltraitance et des traitements au LSD) depuis leur petite enfance.
La secte profite du bras long du gourou Anne Hamilton-Byrne pour récupérer les victimes dés leur plus jeune âge dans des orphelinats où des membres travaillent et donc imposent une loi du silence sur ces enlèvements non déclarés. Le documentaire se positionne avant et après l’histoire en nous offrant un large aperçu terrifiant des macabres coulisses. Il nous propose une perspective sous tous les angles et appuie sur l’impuissance accablante de ceux qui ont fait partie ou ont tenté d’arrêter ce cauchemar. Un véritable choc.

Plus détendu, la journée s’enchaîne avec la nouvelle production blockbusterisée de Sion Siono : « Tokyo Vampire Hotel ». Alors oui, nous avons conscience qu’un réalisateur renommé tel que lui et coupable de nombreux chefs-d’oeuvre comme Strange Circus ou Love Exposure n’a plus rien à prouver, mais nous sommes aussi forcés de constater qu’il excelle surtout lorsqu’il offre sa créativité au service de l’originalité et de la réflexion plutôt qu’au divertissement bon marché. Sur certaines scènes,  nuls doute que Tokyo Vampire Hotel propose des éléments géniaux. Mais dans sa continuité, il s’essouffle, se répète, et s’achève avec une surenchère redondante. Finalement, pourrions-nous considérer cette oeuvre comme une sorte d’Underworld à l’esthétique pop et à l’hémoglobine plus généreuse ?

Maintenant, venons en à l’unique production Philippines de cette sélection, et rappelons-nous de l’excellent « Alipato » diffusé l’an dernier. Cette année, c’est Roderick Caribo qui se charge de représenter cinématographiquement son pays dans les festivals occidentaux, et il livre une oeuvre singulière « Purgatoryo ». Le synopsis plutôt flou présente un homme froidement abattu par la police dont le corps fait l’objet d’une étrange série d’événements. Impossible de ne pas remarquer l’influence du folklore Philippin dans cette oeuvre froide et nihiliste très crue où le processus et les pratiques funéraires sont spécifiques à la culture du pays. Ainsi, aucune narration claire n’émerge de la mise en scène systématique qui se plait à montrer simplement le devenir du cadavre du jeune à travers les activités de la ville, et ce avec le plus de réalisme et de liberté anecdotique possible. Curieuse production, Purgatoryo ne déchaîne pas les passions mais s’avère tout de même plutôt captivant et nous livre une scène qui n’est pas sans rappeler le fameux « Aftermath » de Nacho Cerda.

Connaissez-vous la « New french extremity » ? C’est un terme inventé par les médias pour définir la nouvelle vague de films Français transgressifs réalisés au 21éme siécle. Elle inclut des films tels que Haute Tension, A l’intérieur, Irreversible…ect. Alors le duo de réalisateurs Québécois Sébastien Landry et Laurence Morais-Lagacé ont décidé de faire leur « New Quebec extremity » avec aucune autre ambition que cela. Nous savons pourtant quel résultat impersonnel et fade une appropriation culturelle peut donner dans le cinéma, surtout dans le cinéma de genre. Malheureusement, nous constatons rapidement que « Game of the death » dans sa volonté de mixte entre Jumanji version gore et Battle royal n’excepte pas la règle.  De gore ? Oui mais rien de bien transcendant. Voir des crânes explosés s’avérait bien plus attractif dans Scanners de Cronenberg.

– Tinam (S.M)

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