Menu
0 stars

L’étrange festival (2017) (jours 1 et 2) (Bitch, Kodoku, Avant que nous ne disparaissions, Mise à mort du cerf sacré)

, , , , , , , ,  

Mercredi 6 septembre

Après un compte rendu du séduisant programme du BUT film festival, nous enchaînons désormais avec celui de l’étrange en y abordant un large panel d’œuvres singulières qui pour certaines vont marquer l’année.
La journée commence alors avec le film américain de Mariana plaka intitulé « Bitch » où le concept repose sur l’indifférence dont souffre une mère de famille délaissée par son mari et ignorée par ses enfants. Rapidement, la portée sociale féministe se montre explicite lorsque la femme revient brutalement à un état primitif en se comportant comme un chien. Ainsi, la femme inhibée se retrouve « muselée » pour symboliser sa condition sociale au sein du microcosme familial. La représentation est claire, et l’évolution de son état mental exacerbé représente les réactions exagérées avec un ton absurde afin de mettre le doigt sur certains éléments sensibles.
Efficace dans son traitement, « Bitch » tient sa cohérence du début à la fin et propose une vision intéressante d’un sujet abordé de façon souvent plus conventionnelle.

La soirée continue avec la nouvelle folie Nippone de Yoshihiro Nishimura qui signe la suite de son « Meatball machine » avec « Kodoku :Meatball Machine« . Une volonté de pousser la folie toujours plus loin s’assume dès le départ, et la première partie apporte une certaine jouissance au spectateur en défiant encore une fois toutes les lois « décent » avec une inventivité intarissable.
Seulement, le métrage compte une durée de 1 heures 40 et rapidement toutes les cartes sont utilisées.
Ainsi, cette oeuvre post-sushi typhoon souffre des défauts déjà récurrents de la franchise originale : une redondance qui mène à une exagération indigeste et rapidement dénuée de réel intérêt.
Extraterrestres, gore, mutations, mais rien de vraiment nouveau accompagné d’une sensation d’interminable pas forcément agréable.

Jeudi 7 septembre

Quand l’invasion des profanateurs de sépulture passe par le filtre altruiste et humaniste Japonais de Kiyoshi Kurosawa, nous nous retrouvons avec « Avant que nous ne disparaissions » et une atmosphère prophétique sur la condition humaine. Sous certains aspects de son traitement, une originalité parvient à rendre attractive la réalisation plutôt conventionnelle de cette oeuvre remplie d’un espoir parfois un peu naïf caché sous une satire peut-être trop évidente pour réellement faire mouche. Intriguant dans ses premières révélations, Avant que nous ne disparaissions peine à vraiment stimuler les passions du spectateur.

Beaucoup moins gentil, parlons désormais de la nouvelle curiosité du prodige Grec Yorgos Lanthimos qui ne cesse de désarçonner son public de films en films, et ceci en nous livrant une réalité sociale et une morale cinglante comme venue d’un monde parallèle. Une fois de plus, avec « Mise à mort du cerf sacré » il restructure chaque composant du quotidien afin de façonner son propre univers et de livrer une oeuvre singulière complètement déstabilisante. En débutant sur le terrain de la culpabilité, un chirurgien renommé, aussi père de famille et mari-modèle, se retrouve confronté à une situation ambiguë lorsque le fils d’un de ses patients décédés durant une opération s’introduit dans sa famille par la porte de l’affectuosité. Chaque pièce s’amorce pour enclencher une descente aux enfers que personne ne contrôle plus. Personne hormis le machiavélisme de Lanthimos à la réalisation qui s’applique à instaurer une mise en scène calculée au millimètre afin d’amener précisément là où il souhaite, sur la pente la plus glissante qui soit. Une leçon de cinéma tordu et magistral comme il nous en avait plus livré depuis le tétanisant « Canine ».

– Tinam (S.M)

Sadique-Master 2017 – droits réservés

The following two tabs change content below.

Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.
  • Les point positifs

  • Les points négatifs

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :