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La place du mort (2014) (Christophe Siebert) (Critique)

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Quand j’étais retranchée derrière mon mur de flammes, avec Alice morte à mes côtés, quand j’étais là et que j’attendais que les flics surgissent, j’ai songé à tout ce qu’on a détruit, à tout ce qu’on a brûlé, et j’ai souri. J’ai songé aux chefs-d’œuvre, à l’Histoire, à la culture, à la beauté, j’ai songé à toutes ces merdes qui ont traversé les siècles et que nous avons transformées en cendres, j’ai songé au néant, et j’ai souri.

« Christophe Siébert est un très bon écrivain. Il a un super style, bien meilleur que beaucoup, mais j’ai du mal avec ce qu’il écrit. Non pas que je ne trouve pas ça bien, mais je pense que, même si l’écriture n’a pas de limite, la façon dont il la met au service de la noirceur du monde me gène un petit peu. » – Vincent Ravalec

Ayant déjà lu et adoré « Nuit noire » mes attentes envers ce nouveau roman de Christophe Siebert étaient conséquentes, et c’est sans souci qu’elles ont été comblées.

Sordide du début à la fin, ce roman nous raconte la vie de débauche et l’errance d’une jeune femme lucide, désespérée et misanthrope n’ayant plus rien à perdre. À travers une narration très personnelle, Blandine (notre personnage principal) nous expose sa sombre vision du monde avec une souffrance lacérante. Elle nous raconte sa vie, son passé, son présent, et ne mise que peu sur le futur.

D’emblée, les dialogues crus laisseront apparaître l’aspect féministe de se livre nous rappelant quelque peu l’histoire de « Baise moi ». L’aspect traditionnel de la femme est brisé et sa bestialité naturelle reprend le dessus tandis que le dégoût des hommes  se prononce à travers leurs faibles pulsions libidinales.
Voici les grandes lignes qui introduiront les grands aspects de ce roman.

Mais concentrons-nous tout d’abord sur le style d’écriture bien particulier consistant, comme le dit Christophe lui-même, à extraire tout « style » et à ne garder que la justesse. Il nous épargnera donc les formulations romantiques, les fins de phrases esthétiques, pour ne laisser que le poids des mots touchant irréversiblement le point névralgique. Malgré des formulations ou des « et » parfois redondants, la fluidité du récit s’amène  progressivement d’elle même.

C’est ainsi que nous serons emportés dans la spirale infernale de Blandine qui au gré de ses pérégrinations rencontrera, aimera, détestera, et s’auto-détruira.
« La place du mort » est un roman écrit à vif qui saigne son lecteur, pourtant c’est un roman à la fois dur et à la fois libérateur. Il dégage quelque chose de puissant mais permet au lecteur de s’identifier aux aspects libres et fous de nos protagonistes.
On peut aussi dire que c’est aussi un roman qui ne manque pas d’idée (cf : les cambriolages bien pensées) ni de contenu (cf : Viol homosexuel, torture sur les parties génitales, inceste, fusillade).

Pour conclure, nous avons ici une oeuvre sombre, percutante et viscérale qui nous ramène aux sentiments les plus violents et les plus essentiels de la littérature noire.

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Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.
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