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4.5 stars

Hogg (Samuel Delany) (Critique)

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Synopsis : « Hogg » est narré par un personnage dont on connaît vaguement le physique et l’âge [une dizaine d’années], mais dont on ne sait rien de plus. Ni son nom, ni son caractère, ni rien d’autre : il existe par ce qu’il fait aux autres et par ce que les autres lui font. Il nous raconte l’histoire d’un personnage monstrueux et immonde, Hogg.
Hogg ne se lave jamais, urine et défèque sans même ôter le pantalon qu’il porte depuis des lustres, j’en passe et des meilleurs [les vers…]. Il semble vivre de l’argent que lui verse un riche personnage contre des actions sordides, à savoir violer et torturer des femmes de la plus horrible façon, sans les tuer. Hogg va donc trimbaler notre narrateur, qu’il appelle Suceur de queues, dans une errance faite de sang, de pisse, de merde, de sperme et de crasse.

Première critique littéraire de sadique-master !

Hogg est un livre tout simplement hallucinant, déroutant et bouleversant. Il fait assurément partie des livres les plus choquants et marquants que j’ai pu lire.

Comme l’a dit Bruce Benderson, on a ici la mise en épreuve systématique d’une seule hypothèse.
Il s’agit de savoir jusqu’à quel point le désir peut envahir la conscience avant que celle-ci ne cesse d’être considérée comme humaine.

Oubliez tout ce que vous avez pu lire jusqu’à maintenant, ceux-ci ne seront qu’une esquisse de ce que renferme Hogg. Il renferme la folie du désir.
Nous sommes happés dans une spirale de débauche, dans ce qu’elle de plus sale.
Dans cette œuvre, le lecteur en personne est viser, c’est lui qui déguste, qui est souillé, qui est victime des événements. Le fait d’être appelé « Suceur de queue » pendant 360 pages imprègne plutôt bien l’optique et fait directement le tri entre les lecteurs curieux et les lecteurs endurcis.
Sans jamais vraiment le dire explicitement, tout le récit est en réalité une sordide histoire pédophile entre un cammioneur pervers et un gosse attardé entremêlant coprophagie, sadomasochisme, urophilie…(la liste des paraphilies abordées dans ce livre est longue et autant le dire tout de suite, c’est totalement pornographique).
Tout le monde se sodomise, se suce, aucune distinction des sexes et des codes.
Raciste, provocateur, rentre dedans et incisif, Hogg embarque le spectateur en apnée dans une excursion de ce que l’humain a de plus fou.
La déviance de ce roman n’est pas embelli, aucun esthétique n’est amené, aucune concession n’est accordée. On veut nous montrer la crasse des caniveaux, la sueur infâme et la saleté de l’homme. C’est une œuvre grandement misanthrope qui explore l’humain là où on ne veut pas le voir.
Si Sade ne ménageait déjà pas la cruauté de ses personnages, Delany vise encore plus profond et plus odieux.
Chaque personnage est plus pourri, plus sale, plus demeuré, plus illettré que l’autre. Et pendant certains arrivent à se contenir dans la débauche habituelle, d’autres pètent parfois un fusible puis se mettent à tuer des gens.
Et le plus étonnant dans ce roman, c’est qu’il a de l’amour…

Un point assez insolite de ce roman est celui du corps. On a comme l’impression que l’auteur tente de nous dégouter de chaque membre de l’humain, de chacun de ses orifices et même de chaque particule. Des descriptions détaillées quelque peu écœurantes mettant à l’œuvre chaque recoin du corps humain de la manière la plus abject.
Cette œuvre travaille donc le corps comme l’esprit. L’histoire évolue bien, le récit se tien parfaitement. Et derrière ce côté infaillible, Hogg n’hésite pas à être satyrique et à en jouer.

Une lecture qui ne laisse vraiment pas indifférent.

ps : Ce livre fut bannit à l’édition pendant 10 ans.

 

 

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Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.
  • Les point positifs

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  • Note ( 9/10 )

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