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BUT film festival 2017 (jours 3 et 4) (Phantasmagoria, Cat Sick blues, Your Flesh Your Curse, The night of virgin)

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Vendredi 1er septembre

En raison de mon travail de programmateur, j’avais déjà visionné de nombreux films diffusés lors de cette journée. De ce fait, ma seule séance de ce vendredi se trouve être Phantasmagoria de Cosmotropia de Xam. Une oeuvre assurément expérimentale d’un réalisateur semble-t’il habitué à des clips vidéo du même acabit. Ainsi, le premier point discernable n’apparaît évidemment pas comme la narration, chose que nous remarquons rapidement lorsqu’émerge une réalisation conceptuelle où la ravissante actrice principale démontre aussi ses talents de performeuse dans ce qui peut se se voir comme un long processus de possession gouverné par toutes sortes de manifestations occultes. Le budget modeste de Phantasmagoria l’oblige ainsi à contourner certaines difficultés et donc à tricher en ne jouant la carte de l’expérimentale que par des filtres d’image. Cela peut au premier abord décrédibiliser, mais l’intensité qui se mêle à l’évolution psychique de notre personnage principale en transe hypnotise le spectateur qui a su sortir de son hermétisme légitime pour l’embarquer dans une sorte de folie extatique. Malgré ses nombreux défauts difficiles à ignorer, l’ingéniosité de Phantasmagoria le rend sous certains aspects plutôt fascinant.

Samedi 2 septembre

Aujourd’hui, commençons par le curieux « Cat sick blues » de l’Australien Dave Jackson.
Un film d’actualité ? Oui. Une satire du capitalisme ou de la société de consommation ? Non, beaucoup plus original, et beaucoup plus intéressant en fait. Dans une ère où les réseaux sociaux sont assaillis (parfois excessivement et avec une quête insensée du ridicule) de photos de chats, et où ce précieux animal de compagnie constitue parfois l’amour d’une vie, comment supporter leur perte ? Avec ce sujet, Dave Jackson touche un point sensible et il le sait.
Alors il décide d’en faire intelligemment n’importe quoi.
Un homme tombe en dépression suite au décès de son chat et décide, pour porter son deuil, de se comporter exactement comme son chat. Alors il enfile un masque de félin, un pull-over rouge, et ajoute à tout cela une patte de chat aux griffes acérées, puis commence à assassiner des gens. S’ensuivent ainsi de nombreuses situations loufoques comblées par un humour délicieusement noir et des scènes étonnamment gores dont la déviance peut parfois surprendre. En jouant sur plusieurs terrains, Cat Sick blues s’avère être une sacrée étrangeté diablement originale et complètement déjantée où on rit comme on est parfois ému.

Nous passons désormais au nouveau long métrage du Danois Kasper Juhl déjà repéré lors de la diffusion de « Gudsforladt » au Sadique-master festival. Avec Your Flesh Your Curse, il délaisse la portée sociale de son précédent film et revient à ce qui caractérisait son premier projet officiellement commercialisé : Madness of many. Doté d’un budget désormais plus conséquent discernable à l’esthétisme et au soin de la réalisation, il saisit cette opportunité pour concocter un nouveau film expérimental avec plus de moyens. Ainsi nous pouvons y retrouver des éléments similaires tels que le parcours initiatique et sacrificiel  du personnage principal, ou encore cet aspect religieux où l’absolution de ses péchés semble très présente. Si Your Flesh Your Curse parvient à instaurer une atmosphère indéniable et à nous proposer des scènes d’une certaine beauté sombre, nous n’y ressentons ni la justesse ni l’intensité d’un Gudsforladt. Après ce nouvel essai de cinéma expérimental non pas dénué d’intêrêts, Kasper nous montre cependant qu’il excelle davantage dans un cinéma social et rationnel où son talent sait capter les émotions brutes et spontanées.

La soirée se termine sur un ton plus joyeux avec The Night of virgin de l’Espagnol Roberto San Sebastián, comédie loufoque et dégénérée où un homme prêt à tout pour perdre sa virginité se retrouve dans la maison d’une femme mature (un cougar) et doit faire face à des situations pour le moins incongrues…Rapidement, les gags s’enchaînent avec une imagination croissante incessamment plus ingénieuse. Le film se transforme donc en 8 clos et parvient, de part son inventivité, à questionner constamment le spectateur sur le déroulement de l’histoire. Sans pour autant transcender, The Night of virgin s’avère être une comédie trash efficace et plutôt osée.

– Tinam (S.M)

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Sadique-master

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