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Le snuff au cinéma

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Le snuff movie (ou snuff film) est un film, généralement pornographique, qui met en scène la torture et le meurtre d’une ou plusieurs personnes. Dans ces films clandestins, la victime est censée ne pas être un acteur mais une personne véritablement assassinée.

Passons Cannibal holocaust et sa pseudo rumeur, passons aussi le film « Snuff » (1976) réaliser par Michael et Roberta Findlay qui n’ont, je pense, aucun intérêt dans cet article.
Après avoir eu de nombreuses questions sur le sujet et après avoir entendu beaucoup de conneries je pense qu’avec cet article, les choses seront clarifiées.

Le Snuff au cinéma se divise en plusieurs catégories :

Les films informatifs/conventionnel

Voici en premier lieu, des films abordant le thème du « snuff movie » s’appuyant sur ce sujet, mais tout en gardant une structure filmique conventionnel et classique visant à nous rappeler que ceci est bien du cinéma. Souvent avant-gardiste, ce cinéma prend racine dans la curiosité d’un protagoniste qui se prend d’un intérêt voyeur et morbide pour une étrange vidéo qui s’avère douteuse et qui ensuite, lui apporte bon nombres d’ennuis.

tesis
Tout d’abord, les classiques abordant le sujet tel que « 8 millimètres » ainsi que « Tesis » (plus troublant) se présentant comme un thriller donnant une vue extérieure du sujet, puis finalement une certaine immersion dans le milieu tout en gardant les codes du cinéma conventionnel. D’autres films moins ciblés tel que Ab-normal beauty ou le cultissime « vidéodrome » (qui est aussi une satyre de la télévision) survolent et parfois creusent légèrement le sujet. Dernièrement, A Serbian film illustre parfaitement l’optique du propos et du contenu extrême dans le cinéma conventionnel. Une image clair, une structure net et précise, les trois étapes du schéma narratif sont là alors que celui ci pousse bien plus loin que les autres films cités précédemment et n’hésite pas à se vautrer dans une surenchère qui divise son public et a tendance à être victime de nombreuses invectives.

Les Fake snuff / les simulations

A l’inverse des films informatifs/conventionnel, ce sous genre du cinéma underground a lui comme but de troubler le spectateur et de jouer avec la frontière cinéma/réalité jusqu’à nous faire douter de la notion fictif de l’œuvre en question.
Snuff 102 (à l’image malsaine et les bruitages volontairement trop fort pour stresser le spectateur) et August underground firent leur apparition en se présentant de manière beaucoup plus  » cash « . Des found foutage simulant un réel snuff, dont le but est de rendre le film le plus réaliste possible .
August underground, la trilogie controversée de Fred Vogel aux nombreuses paraphilies et déviances qu’on peut considérer comme purement voyeur. Pourquoi ? Car le film n’amène aucune posture morale, aucune vision extérieure sur le principe du snuff en lui-même , il se contente simplement d’en exposer un faux au spectateur . C’est une sorte d’excursion dans l’étroite frontière du réalisme au cinéma.


Dans ce domaine, on peut aussi parler de l’excellent « The Poughkeepsie Tapes » qui est adopte une vision plus proche de la criminologie et de la psychanalyse du serial killer, tout en oscillant entre faux reportage, fait divers, vidéo de snuff tout droit venu de la collection du tueur lui-même . On y remarque d’ailleurs un certain aspect film dans le film qui a de quoi troubler .
Ce film froid et cynique n’est pas dans la surenchère, contrairement à la trilogie August underground citer ci-dessus qui  s’étale dans le gore, la mutilation génital, l’émétophilie, le viol…
Mais la véracité avec laquelle l’histoire est amenée nous refroidit littéralement, sans parler de la relation et de l’influence malsaine et dérangeante que le tueur a avec ses victimes.

Pour 2013, deux films majeurs viennent faire leur apparition dans le domaine.


Tout d’abord « Last girl« , deuxième tentative de found footage du coté de la victime sur le sujet du snuff juste après le méconnus  » Penance  » souvent confondu avec August underground Penance qui est le 3éme volet de la trilogie August underground .Viendra aussi s’ajouter « The Cohasset Snuff Film » d’Edward Payson (magnifique cover au passage), qui lui semble se rapprocher beaucoup plus de Poughkeepsie Tapes. Deux films aux allures prometteuses qui, espérons le, sauront innover sur le sujet.

Nos amis asiatiques ont eux aussi de nombreux films de cet acabit parmi lesquelles je citerai Niku daruma, un film possédants de nombreux titres dont  » Psycho: The Snuff Reels  » qui en dira long sur les intentions de ce film ou encore Muzan-e à la mise en scène plus que troublante et au réalisme dérangeant. Le plus amusants dans le snuff fake asiatique, c’est que les parties génitales sont floutés alors que de nombreuses scénes plus qu’infâme et 100 fois plus susceptibles d’offensé le spectateur nous sont montrés. Les asiat et leurs pudeurs, un grand mystère teinté d’ironie…


En dehors de tout ça, d’autres films comme Guinea pig (qui a su faire polémique car un imbécile notoire au nom de Charlie Sheen a cru à un Snuff réel) ou Amateur porn star killer tournent autour de ce sujet, mais ne sont pas assez impliqués pour pouvoir les liés directement à cet article .
Globalement, chacun de ces films apporte sur le snuff une vision propre à lui.
Pourtant, hélas, nous avons toujours cette frustration de manque d’aboutissement, que l’on ne sait pas tout, que des recoins demeurent inexplorés . Malheureusement, aucun de ces films ne s’engage suffisamment dans le sujet, chacun prend un contour ou le survole mais jamais aucun s’installe et circonscrit la chose.
Mesure de sécurité ? Question de distance ? Refus de démystification ? Manque de renseignements et de connaissance ?

Shock Documentary/death movie et Mondo

Rentrons dans la partie la plus intime du sujet car ici tout sera réel.
Le Shock Documentary et les death movie sont des compilations, des assemblages de morts réels sous toutes leurs formes :

Des crânes fendu en deux qui continuent de bouger ,des malformations et leurs conséquences, des meurtres, des suicides, des excursions sur des scénes d’attentat, de meurtre de masse ou divers accidents trash, des images chocs sur drogue et ses inconvénients.


Oubliez Face of Death et toutes ces conneries qui ne sont en réalité que 90 % de fake pour quelques miettes de réel. Ici nous parlons plutôt des series tel que Death files, Death Scènes, Junk, Death Press, Trace of death…. Ou encore des documentaires étranges comme Orozco (de Tsurisaki Kiyotaka) où nous suivons le quotidien d’un embaumeur sans concessions dans les quartiers pauvres de Bogotá.


Ensuite, il y a aussi le Mondo, genre peu connu du cinéma d’exploitation qui se caractérise par une approche pseudo-documentaire très cru dans les pays exotiques et souvent sous développé où l’on trouve bon nombre de séquences sexuelles et violentes non simulés. Les plus proches du sujet proviennent souvent de l’Afrique et ses tribus primitives tel Africa Ama, Shocking Africa (mondo gay où les castrations en gros plan s’enchainent) ou encore l’extrême Addio Ultimo Uomo.

Petites anecdotes : Des sites tels que Roten ou Bestgore regorgent de vidéos de mort réel souvent très amateur, mais ça n’a aucun rapport avec du snuff, c’est du real death.

Curieux lecteurs, en espérant vous avoir éclairer, je vous laisse dans votre quête sur ce sujet qui intrigue bon nombre de personnes. Sachez en tout cas que le net est très vaste et que l’on peut y trouver parfois des choses étranges comme un court métrage inconnu intitulé « Captain pride 33 » (Aucune info sur le réal, aucune info sur les acteurs, aucune info sur le film ) mis il y a quelque temps sur youtube par un ami puis signaler et supprimer il y a quelques mois.

Je vous invite vivement à partager cet article si vous ne voulez pas finir dans un éventuel prochain death files 🙂

Non, plus sérieusement, comme vous le savez, c’est toujours cool de savoir qu’on a pas écrit un pavé pour rien… Enjoy !

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Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.

4 commentaires

  1. Moongaze Ginji - 11 décembre 2013 11 h 51 min

    Très bon papier qui fait une bonne distinction autour du thème du « snuff ». Hélas, c’est dommage que dans tous ces films que tu as vu, tu ne sois pas tombé sur du vrai film snuff. A moins que tu ne veuilles pas le dire mon Tinou !! lol

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    • Sadique-master - 11 décembre 2013 13 h 39 min

      J’en suis déjà tomber sur plusieurs mais jamais exactement ce qu’on imagine je pense. J’ai passé quasiment toute ma fin de vie de geek/nolife sur ce sujet.

      Répondre
  2. Voracinéphile - 1 mars 2014 11 h 30 min

    Surpris que tu n’ais pas cité dans ton article la vidéo « Lunatic 1 Ice Pick », dans son genre, elle est hyper connue.
    Bonne distinction sinon dans le milieu du snuff, ces distinctions sont effectivement claires. Ma préférence va clairement à la première catégorie, qui se sert justement du snuff pour aller vers quelque chose de plus large (peinture de l’envers d’Hollywood pour 8mm, de la fascination pour la violence avec Tesis).
    La seconde catégorie ne m’intéresse absolument pas (j’ai pu voir une bonne partie des exemples que tu cites et aucun ne m’a marqué). Chacun a effectivement sa petite touche, mais l’intérêt est vite limité pour moi (je ne suis juste pas fan de ce type de voyeurisme, qui délaisse l’esthétique pour aller à fond dans le réalisme).
    La troisième est nettement plus intéressante, il faut voir comment sont conçus les documentaires. Orozco avait un excellent sujet et avait clairement un intérêt, en exposant à la fois le contexte et le travail d’embaumeur dans ces conditions. Dans un intérêt documentaire, les circonstances comptent beaucoup. Pour les compils d’exécutions en tout genre, là en revanche, on retombe dans de l’exploitation du fait divers.

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    • Sadique-master - 1 mars 2014 12 h 47 min

      Je n’en ai pas parlé pour éviter de partir dans les détails. Mais il fait parti de toute ces vidéos sur bestgore et roten en fait.

      Répondre

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