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Interview Marian Dora – Réalisateur de cinéma extrême

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Second interview du site, second réalisateur de cinéma extrême.
Etrange personnage fantôme du milieu, Marian Dora figure parmi les principaux réalisateurs émergeant du cinéma underground extrême et son style poético-déviant rapidement su séduire un pubic avide de transgression pure. Parsemés d’acteurs allemands totalements inconnus au bataillon et toujours plus inquiétants les uns que les autres, ses oeuvres uniques s’accordent à l’ambiance intimiste planant par dessus la singularité de cet artiste hors norme.
Son humble participation à l’anthologie de cinéma extrême (dont les producteurs ont honteusement censuré plusieurs réalisateurs et ainsi saccagé l’intégralité du projet) The Profan exhibit (2013) dans laquelle il a réalisé un segment qui fut refusé et supprimé car trop extrême résulte de sa fascinante marginalité.
Suite à cette triste décision, il s’est attelé à la confection d’un second plus « soft » intitulé « Mors in Tabula » où pendant l’Allemagne nazi un medecins arrive dans une famille pour soigner un garçons malade, hélas son idéologie le perverti et nous assitons au détachement de son sérment d’Hippocrate…
Mais dans tout cela une question subiste; certains réalisateurs seraient-ils eux même trop extrêmes et réalistes pour un milieu se proclamant comme tel ?
Il faut d’ailleurs savoir que Marian Dora (qui n’est qun pseudonyme anonyme) se fait discret, qu’à l’exception de quelques papiers comme le notre, aucune interview de lui ne figure sur le net, personne n’a réellement d’informations sur ce personnage atypique difficilement acccécible.
Bien que ses films furent réalisé plus de 20 ans aprés ceux de Buttgereit, son cinéma possédé un grain particuliérement proche et nous pouvons y ressentir de profondes similitudes. Marian Dora entretient un style trés ancien et de son cinéma émane un certains charme archaique…

Mais je ne vous en dit pas plus et découvrons ce cher monsieur à travers notre interview exclusive.

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SM –  Bonjour ! Alors tout d’abord, qui es-tu ? Que fait-tu ? Nous n’avons que peu d’infos sur toi. Pourquoi avoir choisi me pseudonyme « Marian Dora » qui n’est naturellement pas ton vrai nom?

Hello ! So, first of all, who are you? What do you do? We don’t have a lot of information about you. Why did you choose the nickname « Marian Dora » – which is obviously not your real name ?

MD –  Je suis intéressé par le cinéma depuis mon enfance. J’ai commencé à faire des cours-métrages à 20 ans. Pour des raisons de légalité, j’ai dû utiliser des pseudos (8 en tout) pour certaines scènes de films et leurs circonstances dans lesquelles elles ont été créées.

I am interested in films since childhood. I started doing short films when I was 20 years old. For some legal reasons belonging some scenes of some films and the circumstances they had been made I had to use nicknames –eight nicknames at all…

SM – Les effets spéciaux de tes films sont remarquables et l’ambiance est vraiment particulière ainsi que poétique. Où as-tu faits tes classes en terme d’effets spéciaux gore et de ciénma ?

Your films’ special effects are outstanding, and the atmosphere is really special and poetic. Where did you go to learn about gore special effects and about cinema?

MD –  N’ayant ni d’équipe technique ni de budget ni de connaissances en effets spéciaux j’essaye d’éviter quelques scènes difficiles. Si c’est vraiment nécessaire, j’essaye de pousser l’effet au maximum possible… Cette façon de tourner des films convient aussi parfaitement à ma « philosophie ». Si ce n’est pas suffisant, il faut créer une illusion d’optique avec l’angle droit de la caméra. J’ai appris sur le cinéma en regardant des films et en travaillant en tant que directeur de second plan pendant plusieurs années. Je n’ai jamais lu quoi que ce soit sur la théorie ou les techniques d’un film. En ce qui concerne la caméra, l’éclairage ou l’édition je ne suis aucune règle, parce que je n’en connais aucune.Il y a toujours une impression « d’anarchie » dans mon travail. Je suis seulement mon ‘instinct esthétique ».

Having neither a crew nor a budget nor any knowledge about special effects I try to avoid such scenes at all. If necessary, I try to push things as far as possible…This way of making films fits to my “philosophy”, too. If this is not enough, I have to create an illusion with the right camera angle.
I learned about cinema by watching films and working as a second unit director for many years. I never read anything about film theory or film technics. Regarding my camera work, lightning or editing I follow no rules, because I don’t know any rule. There is always a kind of “anarchy” in my work. I am only following my own “aesthetic feeling”.

SM -Comme les personnes qui ont pu voir tes films le savent, tu aimes mélanger le trash au poétique, et tous tes films ont une certaine dimension philosophique. As-tu des références ou des inspirations littéraires particulières ? Et d’ailleurs, quel auteurs lis-tu ?

As people who have seen your films know, you love mixing trash and poetic. All your films have a certain philosophical dimension. Do you have any references or specific literary inspirations? And besides, what authors do you read?

MDJe puise mon inspiration sur l’histoire, la culture, les ouvrages, les peintures ou les évènements de l’Allemagne/Europe depuis des centaines d’années. En ce qui concerne les films, je suis influencé par beaucoup d’oeuvres des années 1970. J’essaye toujours d’apporter de l’ambiguïté à mon travail, et une dimension philosophique provenant de ma personnalité. L’année dernière je suis allé voir la tombe de François Truffaut au cimetière de Montmartre et je me suis juré d’incorporer une référence de son travail dans mon prochain film. Je l’ai fait en citant « la chambre verte ».

I got my inspirations from hundreds of years of German/European cultural history, books, paintings or events. Regarding films, I am influenced by many works of the 1970s. I always try to put some ambiguity in my work, and the philosophical dimension is grounded on my personality.
Last year I visited the grave of Francois Truffaut at the Montmartre Cemetery and I swore to bring a citation of his work in my next film. I did it by quoting “La chambre verte”.

SM – En se renseignant un peu sur ton travail, on peut voir qu’en dehors de tes 3 long métrages principaux tu as réaliser plusieurs courts métrages tel que Cadavericon et Provokation.
Peux-tu nous en dire un peu plus sur ceux-ci ?

By learning a little about your work, we can see that, beside your main 3 long films, you have done several short films as Cadavericon and Provokation.
Can you tell us more about them?

MDOutre quatre longs-métrages (plus de 70 min) (Debris documentar, Cannibal, Melancholie der Engel, Reise nach Agatis), J’ai réalisé deux courts-métrages d’anthologie (“Blue Snuff1 + 2”) et tourné environ 60 courts-métrages et documentaires. mais j’ai dû retiré Blue Snuff 2 parce qu’il était trop extrême et franchissait certaines limites, et je ne voulais pas offenser les spectateurs.

Besides four “long films” (more than 70 min) (Debris documentar, Cannibal, Melancholie der Engel, Reise nach Agatis) I made two short film anthologies (“Blue Snuff1 + 2”) and round about 60 short films or documenatries. But I had to withdraw the release of “Blue Snuff” 2 for being too extreme and crossing too many limits, and I didn’t wanted to offend every viewer.

SM – Ton film le plus connu est évidemment « Cannibal ». C’ est d’ailleurs un adaptation de l’histoire d’Armin Meiwes (Le cannibal de Rotenburg) et, conaissant moi même particuliérement bien cette histoire, il est intéressant de voir que ton film relate parfaitement bien la véracité des faits. As-tu un intérêt particulier pour la criminologie et les serial killer ou est-ce uniquement l’histoire de Armin qui t’intéresse ?

Your most famous film is obviously « Cannibal ». This film is also an adaptation of the story of Armin Meiwes (The Cannibal of Rotenburg) and as I know particularly well this story, it is interesting to see that your film tells perfectly the truth. Do you have a particular interest in criminology and serial killers or are you just interested in the story of Armin?

MDEn tournant “Cannibal” en une semaine sans équipe ni équipement technique, avec seulement une petite caméra vidéo et un budget total de 2000€, la seule qualité du film est son authenticité. J’ai repris chaque détail et chaque mot prononcé du court enregistrement de l’affaire Meiwes. J’ai toujours été intéressé par les histoires de crime, et  » l’affaire Meiwes » semblait être intéressante et assez bizarre pour en faire un film. Mais outre ce fait, cela a été seulement un travail de faire ce film – Ulli Lommel en avait besoin pour son « Lions Gate » – histoires vraies de meurtres. Mais après avoir vu le film il a refusé de l’y incorporer. Il m’a dit qu’il se sentait toujours malade quand il pensait au film… Alors il a fait sa propre version « Dairy of a Cannibal”- et j’étais au second plan cette fois-ci… Mais le plus intéressant (et le plus problématique) de mes films est “Melancholie der Engel” – “Cannibal” avait seulement de l’intérêt en raison de l’affaire Meiwes sur laquelle reposait le film…

Shooting “Cannibal” in one week without any crew or technical equipment, only with a small video camera and a total budget of 2000 Euro, the only quality of the film is its authenticity. Every detail, every spoken word I took from the court record of the Meiwes case. I was always very interested in any “true crime” stories, and the “Meiwes-Case” seemed to be interesting and bizarre enough to make a film. But besides that fact it was only a job to do that film – Ulli Lommel needed it for his “Lions Gate” -true crime series. But after watching the film he refused to offer it to them. He told me that he always feels sickness when the film comes in his mind…So he did his own version –“Dairy of a Cannibal”- and I did second unit this time… But the most attention (and the most problems) of my films got “Melancholie der Engel” – “Cannibal” was only of interest because of the famous Meiwes Case the film based on…

SM –  Il y a eu quelques rumeurs comme quoi le tournage de melancholie der engel était trés difficile et que les acteurs avaient trés peu ou aucune infôs sur le script et sur l’intensité extrême du projet. Est-ce vrais ? Comment le tournage de ce film qui est sans doute ton plus déviant s’est t’il déroulé ?

There has been some rumors about the fact that filming « melancholie der engel » was very difficult and that the actors had very little or no information about the script, and about the extreme intensity of the project. Is this true? How did the filming of this movie, which is arguably your most deviant work, take place?

MDIl y a beaucoup d’histoires à raconter sur les trois horribles semaines du tournage de “Melancholie der Engel”- mais il est préférable de laisser ces histoires secrètes, pour plusieurs raisons. “Melancholie der Engel” est film très complexe et experimental et cela fut très difficile de le réaliser. Un moment de violence, haine, folie et de dépravation. J’ai été obligé de couper plusieurs scènes à la fin pour des raisons de légalité… Vous pouvez « lire » ce film de plusieurs manières. Mais la clé à chaque fois est de s’identifier à un des acteurs masculins. Vous devez aussi laisser votre moralité de côté. Nous avons essayé d’empêcher le spectateur de s’identifier à un des personnages féminins et également de rendre ce film le moins « intéressant » possible pour une audience « normale » afin de viser les spectateurs « attendus ». Pas une approche très commerciale…

There has been some rumors about the fact that filming « melancholie der engel » was very difficult and that the actors had very little or no information about the script, and about the extreme intensity of the project. Is this true? How did the filming of this movie, which is arguably your most deviant work, take place?

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A ce jour, les films de Marian Dora demeurent en France totalement méconnus pour la simple (bien que ce ne soit pas la seule) raison qu’aucun n’y est sorti et que les divers versions européennes de ses œuvres ne comportent pas de sous titres français.

Certaines de ses œuvres son cependant disponible à cette adresse : http://www.unearthedfilms.com/

ps : Merci à Baptiste et Chloé pour la traduction de l’interview.

– Tinam (S.M)

Edit : Marian Dora en photo avec le prix du jury de la première édition du Sadique-master festival, remporté grâce à son film « Carcinnoma » .

marian dora prix

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Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.

8 commentaires

  1. Nicolas Beaudeux - 12 mars 2014 15 h 09 min

    Marian Dora…. Tellement méconnu, tellement laissé de coté, mais tellement intriguant, talentueux, incroyable, déviant ect… « pour des raisons de légalité ».. Les tournages doient être aussi hard que les films eux-même donc. Putain voilà un réalisateur maître de la déviance extrême en espérant qu’il nous apportera des films encore plus extrême sans aucune retenue tout en faisant en sorte, nous fans de cinéma underground, de protéger ses films et de les tenir éloigné des yeux du grand public quelque soit le niveau de déviance qu’il inclus dans ses films.

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    • Sadique-master - 21 mars 2014 0 h 29 min

      Tu vois, tu deviens aussi élitiste que moi hahaha.

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  2. Drsm - 12 mars 2014 19 h 00 min

    Je n’ai hélas que vu sa mélancholie des anges, qui est, on peut le dire, carrément excellent, le seul vrai film indie extreme a m’avoir sorti de la torpeur depuis POAK. Je vais tâcher de me trouver son Cannibal ! Excellente interview !

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    • Sadique-master - 21 mars 2014 0 h 29 min

      Ah, c’est sur qu’il a un style unique…Merci !

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  3. Pingback: Programme du sadique-master virtual festival | Sadique Master

  4. midget - 16 mai 2014 18 h 34 min

    Chouette interview, juste un peu trop courte, j’aurais voulu en savoir plus sur ses tournages! A quand les sous-titres de Melancholie der Engel en téléchargement sur le site? J’ai le film en VO…

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  5. Wooden Heart - 4 août 2014 20 h 13 min

    Amazing interview! <3

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  6. Olivier - 7 mars 2016 0 h 22 min

    Je me réveille deux ans après en lisant cette interview…. Ça promet quant au personnage que nous « verrons » au fest…
    Cela dit, c’est un excellent entretient! Merci

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