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Étrange festival – 4éme journée (Asphalt Watches, Horsehead,Der unfertige)

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Dimanche  7 septembre


Nous sommes Dimanche, bientôt la fin du premier week end et le programme est toujours aussi alléchant. En attendant la grande avant première mondiale de Horsehead à 19h45 nous avons deux films qui nous attendent.
Le premier n’est pas vraiment un film d’ailleurs, mais plutôt un dessin animé.
Il s’intitule Asphalt Watches et se décrit comme un South park sous acide, et en plus c’est Canadien.
Erratum, ce qui n’était pas précisé c’est que les réalisateurs ainsi que ceux qui ont fait les sous-titres étaient eux aussi sous acide.
Pour être clair, Asphalt Watches n’a absolument aucun sens. Ni les images ni les dialogues en ont et les sous titres comportent parfois des phrases à l’envers, des lettres inversées, des questions affirmatives et des réponses interrogatives.
L’assimilation avec South park se montre finalement très suggestive et seulement limitée aux dessins d’ailleurs relativement inférieurs. L’expérience peut tout de même être amusante si on se prend au jeu.

Retour à un classique, une oeuvre phare de Buttgereit, Der todesking (Le rois des morts).
Il est toujours plaisant de se retrouver face à un film aussi noir et macabre sur grand écran, la poésie décadente et la profonde melancholie qui émane de Der todesking n’a pas d’égale. Que dire ou redire sur cette petite pépite à l’image granuleuse divisée en 7 segments tous plus symboliques les un que les autres…
Buttgereit avait déclaré faire un film purement sur la mort, sous toutes ses coutures, c’est chose faite, et à la perfection.

Nous voici venu à la fameuse heure tant attendue, l’avant première de Horsehead (Fièvre de son titre français).
Dés le départ la réalisation annonce la couleur avec un esthétisme remarquable nous rappelant l’ésthétisme de Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer, l’Étrange couleur des larmes de ton corps) mais ici l’oeuvre est plus scénarisée, moins abstraite, moins subjective, mais ne manque pas pour autant de symbole.
Nous suivons une jeune étudiante en psychophysiologie qui utilisera ses capacités à vivre des rêves lucides pour résoudre les mystères de la demeure familiale.
Le plan de la chambre de Jessica (la jeune étudiante) s’inspirera du sublime tableau « Le Cauchemar » Füssli et l’intégralité de l’oeuvre restera dans cet univers.
Certains pourront reprocher un scénario trop classique mais ce n’est pas là que réside l’intérêt principal du film. Horshead est avant tout un exercice de style sensoriel qui tente de renouer les liens avec l’épouvante pure là où la plupart s’inspirent du Giallo.
Nous sommes hélas forcés de constater que nous ici un premier film vraiment remarquable, Français, et surtout happant littéralement dans ses abîmes oniriques.

Pour clore la journée étrangement nous finirons avec Der unfertige, un documentaire au thème atypique puisqu’il suit le quotidien d’un couple d’octogénaire sadomasochiste. Bien loin de Horsehead nous entrons là aussi dans un univers bien particulier et loin d’être inintéressant puisqu’il est traité de manière crue, dérangeante pour les plus étrangers au sujet, réaliste,  et même parfois philosophique. Il démontre aussi qu’un âge où la libido et le rythme de vie sont censés être réduit à néant la transcendance de soit est encore possible.

-SM

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Sadique-master

Admin/Créateur de sadique-master Écrivain et chroniqueur.

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