L’étrange festival (2019) (jours 10,11,12) (A Winter’s tale, Koko-di koko-da, True history of kelly gang)

Sulfureux dés ses premiers aspects, A winter’s tall de Jan bonny transgresse successivement les fausses certitudes qu’il tend au spectateur. Un couple de jeunes paumés profondément enlisé dans une misère sociale et sentimentale voit son quotidien morne bousculé par l’arrivée de Maik; un charismatique criminel qui, avec eux, forme une approximative cellule terroriste visant à commettre des assassinats contre les immigrés extra-européens installés Allemagne. Bien qu’il agrémente la narration, le sous-texte idéologique reste constamment au second plan et l’on se concentre essentiellement sur les déboires et élucubrations de ce trio particulier, ambiguë et complexe. Ainsi, avec une violence radicale et un portrait social pertinent, A winter’s tall parvient brillamment à embarquer dans ses méandres.

Koko-di koko-da de Johannes Nyholm est de ces films-concept qui fonctionnent ou non mais peuvent se targuer de tenter quelque chose. Allégorie du deuil, de l’impasse relationnelle, cette étrange oeuvre fantasmagorique s’apparente à un conte macabre pour adulte et surprend dés les premières par son ultra-violence et sa noirceur. Hélas, le fameux « concept » de réalités alternatives instauré apporte rapidement une certaine redondance qui dessert le film à l’atmosphère toujours aussi efficace mais à la narration saturée. Pour autant, Koko-di koko-da reste tout de même une curiosité délicieusement sombre mais que l’on aurait souhaité exploité d’une façon plus digeste.

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Après un nouveau court métrage poético-musical éthéré de Bertrand Mandico nommé « Extazus » quittons le sublime monde du rêve erotico-fantaisiste pour un retour vers le réel avec la véritable histoire du Kelly’s gang. Page d’histoire sinistre de l’Angleterre, cette biographie romancée prend le temps de dresser la chronologie des événements quitte à perdre le spectateur dans une mise en place pas forcément très intéressante autour d’éléments assez anecdotiques pour la narration et la construction. Ainsi progressif, « True history of the Kelly gang » rentre dans (bien que tardivement) le vif de son sujet et y exploite l’incroyable potentiel à travers les exactions les plus brutales et les événements les plus improbables. Efficace mais pas pour autant inoubliable.

  • Tinam (S.M) Sadique-Master 2019 – droits réservés
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