L’étrange festival (2019) (jours 8 et 9) (Family Romance LLC, Les sources occultes, Vivarium, Lilian)

Mercredi 11 septembre

Dernièrement, nous connaissons Werner Herzog essentiellement à travers ses documentaires dont, dans les grandes lignes, « Family romance, LLC » en singe les principaux aspects bien qu’il demeure dans sa réalisation complètement fictif. Traitant de l’interchangeabilité des êtres dans une relation affectueuse et la déshumanisation de la société japonaise dans ses reproductions des confections humaines, Family Romance se présente comme un faux documentaire. Avec une forme plutôt curieuse, on y suit une jeune fille retrouvant son supposé père qu’elle n’a pas vu depuis sa petite enfance; hélas celui-ci est un acteur de la société « Family romance » engagé par sa mère. Ainsi se tracent toute la complexité et le paradoxe des relations parents/enfants. Touchant et troublant.

Singulier projet initialement transmédia porté depuis de nombreuses années par Laurent Courau, gérant du webzine mutant « la spirale », les « Sources occultes » traduisent et représentent l’apogée d’un univers personnel et symbolique. En effet, les symboles peuvent se lire jusqu’à la moindre parcelle des décors puisque le film fut tourné essentiellement à la fameuse « Demeure du Chaos » ainsi que dans les rues de Lyon en guérilla shot. Si l’on peut au premier abord y trouver un aspect kitsch dans sa fantasmagorie et apercevoir les « ficelles » on se laisse finalement emporter en immersion par ce flot d’images et de sons; certains passages marquant plus encore directement la rétine…On y suit ces deux enfants en déambulations dans ce monde post-apocalyptique cauchemardesque, on observe les détails, assimile les informations, et on reprend une portion de cette culture eschatologique.

Jeudi 12 septembre

Interpellant dès le ton de ses premières images et suscitant d’emblée une certaine interrogation quant à la tournure des événements, « Vivarium » de Lorcan Finnegan est de ces films qui, au gré qu’ils semblent se dévoiler, imposent de nouvelles questions plus insolubles encore. Jouant d’un concept (que nous ne pouvons pas spoiler) aussi singulier que rare dans le cinéma, Vivarium instaure une angoisse indéniable et fascine autant par l’aboutissement de son écriture que par son cynisme acéré. Pouvant évidemment s’apparenter à un épisode de la 4éme dimension, cette brève histoire d’un couple à la recherche d’un appartement et invité par un étrange agent immobilier dans un quartier modèle de la middle class prend une toute autre tournure singulière lorsqu’ils découvrent ne pas pouvoir quitter le quartier. Où se trouvent t-ils ? Pourquoi ? Terriblement efficace.

Road movie naturaliste total, cette nouvelle production Autrichienne de Ulrich Seid réalisé par Andreas Horvath provient d’une réelle histoire aussi somptueuse qu’incroyable. « Lilian » retrace le parcours d’une jeune fille Russe désenchantée des USA et du rêve Américain qui tente de revenir chez elle par le pacifique sans aucune ressource financière. Traversée en complète autonomie, cette jeune Russe re-découvre le monde sous ses meilleurs et ses pires aspects tandis que le spectateur est subjugué par la sublime mise en scène, les décors naturels et l’immersion. Avec toutes ses ambitions, Lilian remplit sa mission avec brio.

Tinam (S.M) Sadique-Master 2019 – droits réservés

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