L’étrange festival (2019) (jours 4 et 5 ) (Cut off, Furie, The mute)

Austère et glacial comme seuls savent le faire les Scandinaves ou encore les Allemands, avec Cutt off le réalisateur Christian Alvart livre une oeuvre radical où les concessions semblent rangées profond dans les abysses de la morale. Totalement dans le ton et l’atmosphère qui gouverne « Les enquêtes du département V », là encore tous les éléments tels que le casting, le jeu d’acteur, le climat météorologique, le paysage ou la structure narrative propulsent Cut Off bien au-delà des thrillers aseptisés et agrémente le tout de sa réalisation austère. Afin de donner du relief au récit – un légiste trouvant dans un corps une capsule contenant le numéro de téléphone de sa fille – Christian Alvart se permet même quelques scènes gores volontairement étendues et intelligemment appliquées. Bien que l’on connaisse déjà la recette dans les grandes lignes, un film de cet acabit se savoure toujours.

Il y a déjà 8 ans, Olivier Abbou sortait le saisissant et anxiogène « Territoires » et semblait s’inscrire ainsi dans les cinéastes phares du « genre ». Plutôt minimaliste dans sa mise en scène, Territoires fonctionnait sur la majorité de ses idées. Avec « Furie » son réalisateur ambitionne une narration plus poussée et multiplie plusieurs thématiques au sein d’un même récit. En réalité, il fragmente même son métrage en deux parties. Basé sur un fait divers réel d’un couple en vacances dont la maison se fait voler « légalement » et les serrures changées, le sujet central s’articule essentiellement autour de la prédation humaine, du choix d’agir malgré le risque ou de se vautrer dans la passivité. Olivier Abdou exploite cette dualité avec une philosophie parfois bancale doublée d’un casting inégal. Pour autant, Furie sait maintenir son intérêt et embarquer le spectateur jusqu’à un final qui contraste étrangement avec le reste du récit et change abruptement – maladroitement peut être – de ton.

Propulsion dans l’ère médiévale avec une oeuvre contemplative qui, évidemment, nous rappelle de par ses thématiques et son naturalisme Valhalla Rising de Widing Refn, The Mute confronte le paradigme chrétien à celui du paganisme lorsqu’un évangéliste prosélyte débarque sur une île où vit une tribu Païenne. Porté sur une réalisation atmosphérique, The Mute vise davantage sur la beauté de ses images que sur son rythme, parfois harassant. Si la beauté prévaut sur l’attractivité et que l’on peut légitimement être refroidi par les longueurs, on y descelle surtout un message fort intéressant qui rompt avec l’habituel manichéisme des films sur le sujet qui tend à exposer le païen comme un sauvage sans moral et le chrétien comme l’inévitable vertueux.

  • Tinam (S.M) Sadique-Master 2019 – droits réservés
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