L’étrange festival (2019) (jour 3 ) (Greener Grass,Irréversible – Inversion intégrale, 1BR)

Seconde journée de cette nouvelle édition de l’étrange festival, et parmi les différents films diffusés en simultané notre choix se porte curieusement sur une comédie Américaine (évidemment peu commune). Absurde au possible, Greener grass de Jocelyn DeBoer propose une satire exacerbée d’une bourgeoisie obsédée par la perfection; perfection représentée par deux femmes embourbées dans une compétitivité irrationnelle. Interchangeabilité des différentes personnes qui les entourent : enfants, Maris, travail. Bien que l’on voie immédiatement où le réalisateur veut en venir dans son message, on ne peut nier l’originalité loufoque de certains gags (dixit le fils transformé en chien). Hélas, sur la longueur le concept s’épuise partiellement et l’on ne retrouve plus forcément la ferveur qui dominait le début du métrage. Reste tout de même que Greener grass livre une bizarrerie plutôt sympathique.

Désormais culte et légitimement considéré comme l’un des films Français le plus radical et le plus extrême, beaucoup se demandaient quel pouvait être l’intérêt d’un remontage d’Irréversible à l’endroit, avec une chronologie plus claire. Il va de soi que le titre de cette oeuvre choc de Gaspar Noé tenait justement de ce retournement narratif qui consistait à faire commencer le film par sa fin et à représenter ainsi cette fameuse « irréversibilité ». Cela dit, une fois le sens de la version originale exploré et sa dramaturgie admise, pourquoi ne pas accentuer l’immersivité, retirer cette fausse happy end, et exploiter complétement l’aspect « brut » de cette descente aux enfers sans aucune fragmentation ou pause entre les différentes scènes « chocs » ? Ainsi plus linéaire, cette nouvelle version d’Irréversible gagne en intensité et paraît encore plus sombre que l’originale.

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Premier long métrage de David Marmor, 1BR ne lésine pas ses efforts pour montrer les cotês les plus glauques du marché immobilier, de ces beaux quartiers résidentiels avec un voisinage soudé. Peut-être trop soudé d’ailleurs…Difficile d’épiloguer davantage sans dévoiler clairement la tournure empruntée, mais malgré certains aspects peut être trop caricaturaux 1BR fonctionne et propose une violence en premier plan psychologique puis plus progressivement visuel et explicite. Sans transcender quoi que ce soit, cette première oeuvre porte notre attention sur David Marmor et ses ambitions à proposer quelque chose dans le cinéma de genre.

– Tinam (S.M) Sadique-Master 2019 – droits réservés

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