L’étrange festival (2019) (jours 1 et 2 ) (Nekrotronic, Bliss, The Boat)

Mercredi 4 septembre

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Premier jour de l’Étrange festival et les éternels discours de la cérémonie d’ouverture présentent les grandes lignes de l’événement, des partenaires et autres personnes liées à la 25éme édition de cette manifestation artistique considérée comme l’une des plus importantes du cinéma de genre en France. Chaque année présents, on retrouve les habituels têtes tout en se préparant pour un marathon cinéphilique dans l’attente de découvertes singulières. Pour introduire, l’envoûtant court métrage « Reruns » de Rosto embarque le spectateur dans un labyrinthe aquatique inspiré des cauchemars de son réalisateur, et ce avec un univers incroyablement juste dans sa représentation.

Vient ensuite le moins contemplatif et vaguement plus divertissant « Nekrotronic » réalisé par l’Australien Kiah Roache-Turner qui s’associe à nouveau avec son frère pour la scénarisation. Remarqués pour leur film Wyrmwood: Road of the dead – déjà très référencé/inspiré – dont le traitement a su apporté un nouveau souffle à la thématique, ils reviennent avec de nouvelles influences allant de Ghostbusters à Matrix en empruntant partiellement le concept de l’application Pokemon go puisqu’il est ici question de capturer des esprits malfaisants via une application. L’idée certes amusante ne dépasse pas réellement son concept, le rythme dynamique sauve tout juste de l’ennuie une narration – ponctuée par quelques idées ludiques – pas forcément très intéressante ni réellement mature, et Monica Belluci en guest dans un rôle beaucoup trop cliché ne parvient pas à changer la donne.

Déjà repéré avant sa programmation à l’Étrange festival, Bliss du Canadien Joe Begos nous aguichait la rétine à défaut de nous l’exploser littéralement par ses images stroboscopiques déconseillées à toutes personnes épileptiques. Embourbée dans un blocage créatif ponctué d’une crise existentielle et d’un alcoolisme croissant, une jeune peintre se vautre dans les bas fonds nocturnes de Los Angeles en quête d’excès et de consommation abusive de psychotropes. Mais au moment où tout dérape suite à l’ingestion d’une étrange substance, un relent de créativité galopante (ainsi qu’une insatiable soif de sang) surgit en elle; dévastant tout ce qui se trouve sur son passage. Frappant par sa réalisation agressive, Bliss instaure une immersion autant par l’état extatique de la principale protagoniste que par les rotations de l’image ou la bande son. Si l’on peut noter quelques maigres incohérences scénaristiques, l’intensité dominante du métrage éclipse efficacement cela et les fulgurances d’hémoglobine rassasient comme il se doit sans se perdre dans une démesure possiblement aussi jouissive que susceptible de virer au kitsch.

Jeudi 5 septembre

Davantage intimiste, The Boat nous embarque à bord d’un voilier découvert par un jeune homme lors d’une promenade en mer, mais d’étranges événements commencent à survenir. Difficile de trop développer l’idée de ce premier film de Winston Azzopardi sans se risquer à spoiler; d’ailleurs l’Étrange festival le notifie dans son résumé où il avertit le spectateur de ne pas chercher trop d’informations ou de trailers. Comme film-concept, The Boat fonctionne clairement dans son minimalisme en 8 clos et les effets spéciaux sobres mais efficaces renforcent le réalisme. Scénaristiquement, certaines choses peuvent paraître confuses ou trop hâtives et on le remarque, mais la tension gouverne emporte le spectateur jusqu’à la destination finale; inéluctable destination.

– Tinam (S.M) Sadique-Master 2019 – droits réservés

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