Géradmer (2019) (Jour 3) (Zoo + nuit Ozploitation)

Love story dans un contexte post-apo servant surtout de prétexte au développement du concept, Zoo d’Antonio Tublen se veut avant tout une romance avec l’ajout, en second plan, de quelques éléments du cinéma horrifique. Un couple en fin de vie voit ses sentiments renaître lorsqu’une contamination zombie les oblige à rester chez eux et à cohabiter avec plus de signifiance mutuelle. Ainsi, leur romance se ponctue d’événements amusants incluant quelques sujets en supplément; comme l’hypocrisie du voisinage poussée dans la démesure de ses excès assez divertissants. La survie personnelle devient reléguée au second plan face à la survie du couple que l’on peut ou non considérer légitime de par sa nature parfois intéressée et pas toujours réellement réciproque. Cette approche peut surement combler les attentes d’une partie des spectateurs, mais pour ma part trop de beaux sentiments parfois frôlant la niaiserie empêchent ce qui pourrait virer vers un nihilisme humain certainement plus efficace et plus juste.

Ainsi commence désormais la nuit « Ozploitation » dont nous ne nous étendrons pas sur la définition si ce n’est qu’elle englobe le cinéma spécifiquement Australien qui, au travers du cinéma de genre de l’époque, se traduit souvent par du redneck movie assez scabreux à base de bayous, de blondes nues et de tueurs en série consanguins.  D’ailleurs, en guise d’ouverture le fameux « Night of fear » de Terry Bourke et considéré comme l’inspiration ultime de Massacre à la tronçonneuse nous propose 54 minutes de courses poursuites absurdes entre un rednecks salaces et une blonde stupide sur fond d’une horrible bande son stridente à peine synchronisée. On peut en effet reconnaître l’influence qu’en a tiré Texas Chainsaw, mais dans le cas précis de ce « précurseur » le visionnage s’avère beaucoup plus harassant.

Les consanguins échangés par les animaux et l’image granuleuse remplacée par une photographie plus soignée et contemplative, Long week-end de Jamie Blanks est surtout un long (blague déjà évidemment faite) et périlleux visionnage. En tentant de s’inscrire dans le survival naturaliste où les vils civilisés subissent les conséquences de leur négligence de la terre qu’ils foulent et de la faune qu’ils détruisent, Long week-end arbore un discours écologique directement intégré à sa narration. Pas nécessairement de violence visuelle ni de gore mais juste une tension qui contraste avec les belles images de ce beaux décors qui défilent. Sauf qu’en réalité, une fois le message dépassé, le film ne dit pas grand chose…

Retour sur les consanguins, les bayous et les courses-poursuites (d’ailleurs parfois interminablement étendu en longueur) improbables avec des rednecks aussi stupides que leurs victimes. La seule véritable innovation de cette traque d’1h30 dans le désert se situe dans cette inspiration Mad-maxienne seulement exprimée par l’architecture de la voiture avec laquelle nos amis retardés vont pourchasser Jessica, de nuit comme de jour. Sans budget, Fair Game parvient tout de même à tenir un certain dynamisme rythmique et à faire fonctionner son côté nanardesque par l’outrance de situations absurdes et la démesure de ses antagonistes.

– Tinam (S.M)

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