PIFFF (2018) (Jours 1 et 2) (Assasination Nation, Piercing)

Début des hostilités pour cette 8éme édition du PIFFF et l’on nous présente le film d’ouverture susceptible d’introduire le festival de la meilleure manière qui soit. Les présentateurs mettent d’ailleurs l’accent sur l’aspect pédagogique d’une séance d’ouverture censée donner en quelque sorte le « ton ». Choix concluant, Assasination Nation de Sam Levinson remplit sa mission avec brio avec une oeuvre jouissive qu’il est difficile de réellement détester.


Dans une ville dénommée Salem (dont la symbolique renvoie à un certain contexte) un mystérieux hacker dévoile les données personnelles d’une ville entière dont la vie ne s’exprime presque qu’à travers les réseaux sociaux. Chacun ainsi dénudé voit son intimité exposée et rapidement le chaos gagne cette petite ville supposément puritaine émanant en réalité son lot de vices. Honteux de leur nature et ne parvenant pas à assumer leurs contradictions, les habitants désignent un groupe de jeunes filles populaires accusé sans fondement comme responsable de ce piratage. Celles-ci deviennent alors des cibles à abattre. Ré-actualisation de la chasse aux sorcières comme subterfuge aux fautes communes, Assasination nation joue sur plusieurs terrains et pointe autant l’impudeur des réseaux sociaux (dont le pouvoir est plus que jamais démontré), l’hypersexualisation, le puritanisme, l’hypocrisie, la superficialité…La satire est brûlante, efficace, elle englobe différents enjeux sociétaux sans forcément trop de subtilité mais en allant à l’essentiel. Ainsi, le rythme ne tarit jamais et le propos se renouvelle jusqu’à l’acte final d’une folie collective hystérique qui sous certains aspects peut nous rappeler The Purge (avec une réflexion plus pertinente et une réelle cohérence).

Second film de la journée avec Piercing de Nicolas Pesce, adaptation d’un roman de Ryu Murakami connu pour avoir aussi écrit « Audition » réalisé par Takashi Miike et désormais culte. Un homme constatant sa psychopathie décide de passer à l’acte en faisant appel à une call-girl qu’il projette « secrètement » de tuer. Dés le début, ses maladresses trahissent ses intentions mais la victime semble n’y prêter aucune attention. Celle-ci s’avérant finalement plus tordue que lui, des jeux sadomasochistes plus extrêmes que ceux initialement prévus (en guise de prélude) ponctuent leur relation étrange. L’intérêt principal de l’oeuvre réside donc dans la psychologie du duo – par ailleurs superbement interprété par Mia Wasikowska,/Christopher Abbott – et dans l’attente des réactions de chacun. Hélas, rien ne semble complétement imprévisible et les déviances amorcées n’aboutissent jamais dans ce qui semble s’augurer. Une fois le jeu machiavélique lancé, l’écriture de la narration semblent stagner. Ainsi, malgré une ambiance, une esthétique et une musique (essentiellement composéé de morceaux cultes du Giallo) séduisantes, Piercing s’avère tout de même plutôt frustrant.

– Tinam (S.M)

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