Interview de Jasna Kohoutova, membre du Jury international au Bifff 2016

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Actrice Suisse de talent au très joli accent Tchèque, qui lui ajoute un charme tout particulier, pétillante, tonique, pleine d’humour et de gentillesse, Jasna Kohoutova a été sélectionnée comme membre du Jury international pour cette 34 éme édition du Bifff. Ce fut le moment (comme chaque année) de passer des moments délicieux en sa compagnie, elle qui est vite devenue une amie? L’occasion rêvée également de réaliser une interview de l’actrice de Chimères d’Olivier Beguin, très tard dans la nuit, dans l’obscurité d’un bar, le verre à la main. Lorsque l’intelligence se mélange au talent et à l’humilité, ça ne peut donner qu’un moment intense (Jasna est également Docteur en Psychologie pour information).

SM: Chère Jasna, tout d’abord l’équipe de Sadique-Master te présente ses vives félicitations pour la position que tu occupes au sein de ce Bifff 2016, membre du Jury international aux côtés d’artistes tels que Marc Caro, Jaume Balaguero, Luigi Cozzi et Bai Ling doit être une magnifique expérience, comment en es-tu arrivé là?

JK: Tout d’abord je tiens à préciser qu’il s’agit d’un immense honneur qu’on m’a fait et je suis extrêmement ravie de faire partie du Jury International dans un festival aussi prestigieux. ce n’est pas spécialement pour ma carrière que je pense cela, mais surtout pour le côté humain et cet aspect tellement sympathique du Bifff. Lorsque nous avons présenté notre film Chimères il y a deux ans nous a permis de rencontrer énormément de personnes, ce qui a évidemment joué dans le fait que je fasse partie du Jury aujourd’hui, dans beaucoup d’autres festivals, il existe souvent une rivalité entre les artistes présents, ce qui n’est pas le cas à Bruxelles, cet aspect de relations humaines sincères me plaît énormément. Je pense sans aucune prétention, que si je suis membre du Jury cette année, ce n’est pas uniquement pour mes qualités d’actrice, mais surtout pour mon approche des rapports humains.

SM: Comment cela se passe-t-il par rapport à tes collègues du Jury?

JK: Je pense que nous sommes un jury très diversifié, cette sensation de rencontrer des personnes que j’admire depuis des années et en plus de pouvoir discuter avec eux. Avec certains nous partageons énormément sur le sujet du cinéma, avec d’autres ce sera plus sur l’ambiance du festival ou des choses qu’on peut voir ici, autour des repas que nous prenons tous les jours ensembles. Ce qui risque d’être le plus intéressant à mon sens, sera de délibérer sur une multitude d’oeuvres, nous avons tous tellement des vécus et des caractères différents que je n’ai aucune idée de ce que ça donnera.

SM: Jusqu’à présent, quel est ta perception en tant que jury des films qui sont présentés en compétition internationale?

JK: Jusqu’à présent, nous en avons visionné quatre et en ce qui me concerne, je n’ai pas eu de coup de coeur, bien que tous les films que nous avons vu étaient de qualité et qu’ils méritent de faire partie de la sélection, chacun avait ses points positifs, mais aucun d’entre eux ne m’a vraiment transporté, mais nous ne sommes qu’au début du festival et il nous reste six films à voir pour la partie internationale et ce qui s’annonce risque d’être du lourd, donc je me réjouis de retourner en salle et voir le reste.

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SM: Le cinéma Suisse n’est pas vraiment représenté cette année, quelles sont tes considérations à ce sujet?

JK: Des regrets bien entendu, car il s’agit du cinéma dont je suis issue, mais j’ose le dire, le cinéma Suisse ne défend pas assez les aspect internationaux alors qu’il y a tous les ans de très bonnes choses issues de ce pays, des oeuvres qui pourraient sans aucun problème s’exporter, mais la mentalité n’y est pas encore. De plus, il y a des films fantastiques de très grande qualité, qui sont assez peu visionnés, et c’est assez regrettable. Nous sommes assez peu récompensés pour ce que nous faisons, cette opinion est partagée par beaucoup de personnes travaillant dans le milieu du cinéma fantastique. En fin de compte, j’ai des origines Tchèque, je vis en Suisse mais je n’ai plus trop envie d’y travailler, car il me semble que nous sommes reconnus partout ailleurs sauf … en Suisse, ce qui est très décourageant pour se lancer dans des nouveaux projets. Je précise quand même que Neuchâtel est l’exception à la règle, car les organisateurs du Nifff font un travail extraordinaire pour faire découvrir les qualités du cinéma Suisse.

SM: Peux-tu nous donner des informations sur le dernier film du très sympathique Arnaud Baur, dont le scénario semble très alléchant surtout pour les lecteurs de Sadique-Master?

JK: Oui bien sûr, il s’agit d’un court métrage intitulé « Sons of bitches » également lié à Olivier Beguin (réalisateur de Chimères), et je suis ravie de voir autant d’enthousiasme autour de ce projet. un western horrifique qui dépeint avec tristesse les aventures d’une prostituée. Il existe d’ailleurs une page Facebook qui y est liée.

SM: Depuis la sortie de Chimères, quelle a été l’évolution de ta carrière?

JK: Nous avons eu l’occasion de voyager un peu partout à travers le monde pour la présentation de Chimères, et de faire des rencontres formidables. Je travaille pour le moment dans une production Franco-Suisse, intitulée « The Lake » de Vincent Bonet, projet assez audacieux s’il en est. J’ai également un projet dans une oeuvre suédoise, et également une autre production mais dont je ne peux malheureusement pas encore parler.

SM: Quel sont tes considérations par rapport au cinéma extrême, (et au passage merci pour ton mécénat pour la dernière édition de notre festival)?

JK: Ce n’est pas forcément ma tasse de thé, mais j’apprécie l’audace de ce genre de projet, en fait j’aime tout ce qui est audacieux, et toutes les formes de prise de risques. Ce qui me plaît également à ce sujet, c’est que cela dépasse les limites de ce qui est « montrable » dans le cinéma traditionnel ou même dans la vie réelle. Je ne suis donc pas une grande fan mais j’apprécie grandement la démarche, j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’aller au LUFF (Ndr: Lausanne underground film festival ), et je dois bien avouer que j’y ai vu des choses ou j’ai dû fermer les yeux (rires), mais il s’agit de ma personnalité, et ma sensibilité, ce n’est pas pour autant que je ne vais pas encourager ce genre de cinéma. Par exemple je suis assez fan de Angel Heart pour te donner un exemple, qui mélange des scènes assez gores, de magnifiques scènes d’amour d’une sensualité et d’une sexualité très intense, rarement montrées au cinéma et un twist final grandiose. D’ailleurs, la douche de sang dans Chimères est en rapport direct avec la scène ou Harry tue la jeune fille en lui faisant l’amour.

SM: Seras-tu des nôtres pour la troisième édition du Sadique-Master festival et pourrais-tu dire un mot pour nos lecteurs?

JK: Si j’ai la possibilité de venir à la troisième édition du Sadique-Master festival au mois de mars, je viendrai avec grand plaisir pour soutenir votre démarche. Je serais d’ailleurs venue cette année, mais j’ai du négocier mes vacances pour accepter la proposition de membre du Jury international au Bifff. Par ailleurs, je vous encourage à continuer votre démarche qui a pour but de faire découvrir des films audacieux, qui mélangent « le sexe et le sang » je trouve ça formidable, Je précise que je ne suis pas pour les psychopathes, mais n’hésitez pas non plus à mettre sur l’écran vos fantasmes les plus fous, car c’est les fantasmes qui créent l’originalité.

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Propos recueillis par Adam Korman (BL) pour Sadique-Master.com

Sadique-Master 2016 @droits réservés.

 

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