Redneck Movies (Livre) (Maxime Lachaud) (2015)

Titre complet : Redneck movies : Ruralité et dégénérescence dans le cinéma américain

Résumé: Les redneck movies représentent tout un pan du cinéma d’exploitation américain, qui connut son heure de gloire entre les années 1960 et 1980 – et qui se poursuit aujourd’hui de façon plus diffuse, dans le cinéma de Rob Zombie par exemple. Le genre gagnera ses lettres de noblesse au début des années 1970 avec Délivrance (1971) de John Boorman ou Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper, et envahira outre-Atlantique le cinéma et même les écrans de télévision, au point que l’on parle de la hicksploitation, hick voulant dire péquenaud. Deux courants principaux dans cette tradition cinématographique : le premier présente soit des citadins trop sûrs d’eux confrontés aux moeurs et aux manières primitives de la campagne, un univers violent de survie et de pauvreté où émergent les instincts les plus refoulés et brutaux, soit la peinture d’un univers inquiétant et dégénéré en dehors des lois et des normes urbaines. L’autre tendance est moins sombre et plus populaire, avec des bons gars de la campagne, revendant de l’alcool de contrebande, poursuivis par des shérifs niais et des hordes de malfrats. Tout cela se règle dans des courses-poursuites en voitures sur fond de musique bluegrass, avec pour seuls décors une station-service, un café, des fermes isolées et des routes

massacre à la tronçoneuse

Déjà reconnu pour son livre sur les mondos intitulé « Reflets dans un œil mort » coécrit en 2010 avec Sebastien Gayraud, Maxime Lachaud s’impose à nouveau dans le champ de la documentation cinéphilique avec une oeuvre anthologique absolument passionnante. Que l’on soit  initialement intéressé ou non par cette culture redneck tout droit issue d’un Sud  traditionnel au soleil cuisant et aux mœurs particulières, la complémentarité de cet ouvrage élargi la vision du sujet et va jusqu’à adopter une approche anthropologique en relatant des faits historiques avec un certain rigorisme.
Qui n’a jamais apprécié l’atmosphère émanant d’un éprouvant Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper -1974)  ou d’un déroutant Delivrance (John Boorman – 1971)  ? C’est en partie pour cette raison que Maxime Lachaud tient à tirer notre attention et à nous en révéler plus sur cet univers hors normes aux codes soigneusement entretenus.
Pour cela, il plonge dans les archives de cette culture et nous y déterre des petites curiosités hautement alléchantes qu’il replace dans le contexte socio-historique tout en développant l’évolution du genre, à laquelle chaque oeuvre, de la plus enfouie à la plus culte, apporte une contribution considérable à ce qui édifiera ce cinéma.

delivrance

Sur une écriture fluide, Maxime Lachaud narre ses propres expériences avec la culture Redneck et nous y révèle de nombreuses anecdotes stupéfiantes, dissociant son livre de tout ce qui a pu être fait sur le sujet auparavant. Il est d’ailleurs intéressant de noter que jusque là aucun ouvrage ne s’est uniquement et intégralement consacré à la culture redneck dans le cinéma américain, or sur ce point l’auteur inaugure la démarche. Pour rendre la lecture d’autant plus attractive, les pages sont parsemés d’illustrations diverses et représentatives du sujet permettant d’imager certains propos.

trapped

Une flagrante recherche du détail se démarque dans la documentation, débutant des bases esthétiques du genre à la dissection de chaque déclinaison, incluant multiples thèmes récurrents tels que le cannibalisme, la consanguinité, le Moonshine, les duels d’armes à feu, les orgies paillardes, les créatures de campagnes, le théâtralité de nos personnages excentriques, le puritanisme. Il aborde même les documentaires de ce rustre univers, où de réels protagonistes avec parfois un lourd passif y sont explorés dans une analyse sociale souvent déroutante et mélancolique.
Manifestement, aucun détail n’échappe à Maxime Lachaud et cet ouvrage, concocté au cours de longues années sur un espace large et disparate dont les recherches furent visiblement fructueuses, traite son sujet à la perfection à un tel point qu’une fois la lecture terminée il ne nous reste plus aucune question à poser et nous sommes comme épris de passion pour cet univers si fascinant.

« Redneck movies : Ruralité et dégénérescence dans le cinéma américain » est disponible chez les éditions Rouge profond à ce lien : http://www.rougeprofond.com/LIVRES/RACCORDS/index.html

– Tinam (S.M)

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