Death-scort Service (2015) (Sean Donohue) (Critique)

Synopsis

Un petit groupe d’escort-girls devient la cible d’un tueur psychopathe qui transforme leurs nuits blanches de débauche en nuits rouges de débâcle.

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Des nichons et du sang. Au premier abord, cette phrase pourrait à elle seule résumer l’intégralité du synopsis de Death-scort service. Croisement audacieux entre une production Seduction cinema de la belle époque et un Z gorasse estampillé Brain damage, le film compense donc ses lacunes scénaristiques par une détermination sans limites à en mettre plein la vue malgré l’évident amateurisme qu’il dégage. Habitué aux budgets microscopiques, Sean Donohue fait contre mauvaise fortune bon cœur et remplit son film de femmes nues et de scènes de meurtres chargées en hémoglobine. Une intention louable, certes, mais déployée ad-vitam aeternam jusqu’à l’overdose, qui ne tardera pas à arriver malgré la faible durée du métrage (moins d’une heure vingt). Nous suivons donc les tribulations d’une poignée de prostituées, campées par des actrices porno toutes plus vulgaires les unes que les autres, qui se feront trucider par un mystérieux psychopathe camouflé en client potentiel. Un tueur aux motivations inconnues planqué derrière un anorak et grâce auquel nous suivrons une bonne partie des meurtres en vue subjective (ou en P.O.V comme dirait un pornophile aguerri).

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Des références au porno, il y en a énormément dans Death-scort service. De la présentation des demoiselles façon gonzo, filmées des pieds à la tête, à l’abondance de zooms sur les parties les plus charnues de leur anatomie, tout le film est construit comme un softcore où chaque scène est prétexte à un rapide strip-tease de la prostituée, suivi par le passage à l’acte tant attendu qui sera en fait un carnage au couteau ou un massacre à la perceuse. Les scènes gores sont plutôt soignées en regard du budget alloué, et certaines d’entre elles parviennent à impressionner par leur perversité. Le tueur s’acharne généralement sur ses victimes et les noie dans un déluge de sang, leur découpant parfois un nichon au passage, en dépit de toutes les règles de symétrie inhérentes au corps humain. Il ira même plus loin lors d’une scène particulièrement violente impliquant une batte de baseball barbelée qui se fraiera un chemin dans le canal de la naissance, torture éprouvante rappelant une célèbre scène du Maskhead de Fred Vogel.

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Tout cela serait divertissant si le film n’était pas d’une linéarité à toute épreuve. Plus de la moitié de Death-scort service n’est qu’une succession de scènes pseudo-érotiques aussi molles que les fesses de ses protagonistes se soldant par le meurtre brutal d’une pute érigée en chair à canon et transformée en chair à saucisse. Le tueur n’a strictement aucun charisme et se contente de faire son boulot tant bien que mal dans des situations à la crédibilité assez restreinte.  Plus inquiétant, des incohérences en pagaille rendent parfois le film aussi drôle qu’absurde (au hasard, la professionnelle enjouée qui se fait agresser sur son lieu de travail, parvient à désarmer son agresseur, mais reste trois plombes à deux mètres de ce dernier  à essayer tant bien que mal d’enfiler sa culotte au lieu de prendre ses jambes à son cou, ou cette scène surréaliste où notre jeune escort en voiture explique naturellement et calmement qu’elle est poursuivie par un tueur, sans une once de peur ou de tristesse dans le visage, et se fait choper comme par magie en descendant du véhicule par ledit tueur manifestement doté de pouvoirs de téléportation).  Ajoutons à cela une bande son électronique parfois hypnotique mais souvent crispante et une révélation finale digne d’un épisode de Scooby-Doo, et la partie de baise finit vite en mauvaise passe. Une nouvelle preuve s’il en fallait que recouvrir des filles nues de différents liquides corporels n’est pas toujours artistiquement viable.

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