L’étrange festival (2015) – Jours 6 et 7 (Excess flesh, Cooties, The dark Below, Chernozem)

excess flesh

Mardi 8 septembre

Jeune artiste, Patrick Kenelly réalise avec Excess Flesh son premier film et autant dire qu’il n’emprunte pas le chemin de la facilité. Jill, une jeune femme complexée par ses rondeurs enchaîne les régimes drastiques et les privations de nourritures pendant que sa colocatrice, top modèle et arrogante se goinfre et la dégrade à chaque occasion qui se présente. Malgré un propos clair, la mise en scène progressive défavorise l’intérêt central, et l’hystérie constante des deux protagonistes principale peut rapidement s’avérer harassante. Le maîtrise acquit par Patrick Kenelly dans le domaine du clip vidéo ne lui sera malheureusement d’aucune utilité pour ce métrage où la narration aurait dû primer plutôt que de s’éparpiller en morceaux comme il s’en fait ainsi.
Bien qu’Excess flesh fasse preuve de nombreuses maladresses, un grain de folie cependant inabouti et survenu bien trop tardivement renforce quelque peu l’intérêt de cette oeuvre bancale en y ajoutant une déviance appréciable.

cooties

Mercredi 9 septembre

Comment nous rendre plus heureux qu’en débutant la journée en voyant des enfants se faire dessouder la gueule ? Je parle bien-sur du délicieux Cooties qui pourtant ne présageait rien de grandiose si l’on prenait en compte les précédentes œuvres des réalisateurs…Et pourtant, quelle surprise ce fut !
Un étrange virus provenant du poulet de la cantine contamine les écoliers et tous deviennent de méchantes bêtes sauvages assoiffées de sang. Clin d’œil à Poultrygeist qui tout de même demeure une sommité en terme de folie, cependant Cooties contient moins d’irrégularité rythmique, plus mainstream dans la forme, c’est un fait, mais pas spécialement sage pour autant. Sur un humour bien british, Elijah Wood en vedette n’hésite pas à trucider les gosses avec enthousiasme (et violence, apprécions ces petites tètes explosées à l’extincteur), certaines blagues de mauvais goût dénotent d’intéressantes intentions, et la personnalité des protagonistes fait mouche en esquivant brillamment certains clichés. Plutôt jouissif, avouons-le.

the dark below

Changement radical de style, The Dark below est une expérience sensorielle en 8 clos se focalisant sur une femme son enfant en combinaison de plongé maintenues en captivité sous la glace d’un lac gelé par un mystérieux homme. L’ambition principale est ici de prendre à contre-pied le schéma narratif, à déstructurer l’histoire en la parsemant de flash-back pour ainsi « perdre » le spectateur et le placer dans un état d’angoissant semblable à celui de notre petite famille captive. Hélas, l’immersion qui pouvait rendre le métrage attractif s’essouffle progressivement comme les protagonistes manquant d’air et l’on remarque rapidement un état de stagnation démontrant que le concept perd en intensité et qu’il aurait mieux valu diminuer la durée du métrage en visant le format court ou moyen.

chernozem

Plus experimental encore, Chernozem de Judd Brucke  se proclame digne descendant de Begotten. Filmé en VHS sur un noir et blanc difficilement perceptible, Chernozem s’inspire fortement de l’expressionnisme allemand et aime le faire ressentir à travers son travail visuel surplombé par une musique noise/electronique des plus fracassantes. Un homme avec une usine à la place de la tête tente de survivre dans un monde post-apo alors qu’il est traqué par ses agresseurs. Que lui veulent-ils ? Récupérer ce qui est profondément enfoui dans son encéphale. Intrigant, l’oeuvre parvient à captiver son spectateur malgré son inaccessibilité, or nous pouvons donc déduire que les premiers points de sa mission sont validés. Hélas, il ne dépasse jamais ce cadre là et parait parfois incomplet, ne parvenant pas à instaurer la fascination hypnotique qu’avait su transmettre Begotten. Toujours est-il que si l’on passe outre cette comparaison ambitieuse, Chernozem est loin d’être inintéressant.

 

– Tinam (S.M)

 

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