L’étrange festival (2015) – jours 3 (Upstream colors,Yakuza Apocalypse, The corpse of anna fritz)

upstream colors

Samedi 5 septembre

Cette troisième journée de festival commence fort avec Upstream colors, oeuvre sensorielle de Shan Carruth qui clairement désarçonne le spectateur de la meilleure manière qui soit. Conceptuel dans son approche, irréprochable dans son esthétisme, l’incompréhension qui s’impose face au spectateur éveille en lui une sorte de fascination. Un homme insère des vers dans l’organisme de ses victimes, une femme et un homme se retrouvent soudainement liés par le cycle éternel de la vie, la réincarnation, abordée de façons expérimentale, et les multiples directions empruntées pourraient pousser à considérer Upstream colors comme une oeuvre polymorphe. Certaines obsessions du réalisateur peuvent s’étirer en longueur, mais l’ambiance envoûte et permet de faire l’impasse sur certaines digressions scénaristiques trop poussées. Pour de nombreuses raisons, un visionnage s’impose.

Yakuza Apocalypse

Réfléchir n’est plus une nécessité quand Takashi Miike part loin, trop loin, dans son délire. Yakuza apocalypse est ce film de trop dans la filmographie d’un réalisateur qui savait surprendre son spectateur grâce à son imagination débordante. Hélas, cette fois ci, le délire ne prend pas, et si quelques scènes esquissent un sourire c’est pour combler les multiples lourdeurs d’un réalisateur qui veut en faire trop et qui malheureusement se perd. Des vampires, des yakuzas, des hommes grenouilles, en voilà de beaux éléments, mais encore faut-il pouvoir associer le tout et parvenir à faire preuve d’inventivité, une initiative que Miike n’a pas su accomplir.

The Corpse of-Anna-Fritz-poster

Le corps nu et inerte d’une actrice célèbre toute fraîchement décédée libère quelques pulsions ardentes d’un légiste et de ses camarades de picole qu’il convie à l’événement. Voici le constat initial de The corpse of anna fritz, le décor est planté pour l’intégralité du métrage se déroulant en quasi 8 clos. Il est important de prévenir les esprits pervers, contrairement à un Aftermath, ici la nécrophilie est très secondaire et le réalisateur se consacre davantage aux conséquences, lorsque le cadavre se réveille. Il n’est aucunement question de revenante, seulement de choc thermique ou d’une autopsie baclée, fait divers qui se sont déjà produit à multiples reprises. Cette femme censée être morte est témoins de son viol et nos 3 jeunes hommes se retrouvent dans une merde noire, des idées sont évoquées, des décisions sont prises…Le concept du film marche parfaitement, le remords et la morale, un désir morbide regrettable, que faire face à une situation si ambiguë…? Le réalisateur interroge constamment le spectateur.  Les nombreux twists relancent constamment la trame narrative avec efficacité, et sans spécialement surprendre le spectateur, The corpe of anna fritz remplit intelligemment sa mission.

– Tinam (S.M)

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