Festival mauvais genre (9éme édition) (2015) (jours 2 et 3)

Vendredi 3 avril

De retour de la nuit interdite et le festival reprend de plus bel avec Darkness on the edge of Town de Patrick Ryan, un long métrage Irlandais au croisement entre le thriller, le drame psychologique et le western. Dés le départ nous savons que le budget de ce film s’avère modique et pourtant cela ne transparaît aucunement à l’écran; les jeux d’acteurs sont irréprochables, la réalisation soignée. Les premières cartes scénaristiques sont utilisées relativement tôt et indiquent la direction vers laquelle l’oeuvre veut se focaliser;  non pas sur le suspens mais plutôt sur l’ambiguïté. Nous suivons alors le parcours de Cleo (claustré dans son mutisme le bandeau à l’oeil, référence à Christina Lindberg dans Thriller), une jeune femme aveuglée par son désir de vengeance suite à la mort de sa sœur. Pour cela elle s’embourbe dans de sales plans, tandis que le spectateur, lui, sait. L’issue finale se révèle passionnelle et le réalisateur parvient à procurer la sensation souhaitée par un film empli de sobriété. Un premier film efficace.

Samedi 4 avril

Parlons désormais de The Returned, un film Argentin d’Iván Noel (initialement compositeur, chose qui se ressent dans la sublime bande-son). Un matin, trois enfants portés disparus retournent à leur demeure familiale, muets, mentalement transformés, sans aucune explication. L’histoire se passe dans une petite ville de campagne, à la façon d’une légende locale, et le réalisateur (présent lors de la séance) nous a par ailleurs expliqué son ingénieuse manière de tourner; celui si s’installe dans les villages isolés, apprend à connaitre la vie du coin, les habitants (qui pour des acteurs non professionnels exercent une performance simplement hallucinante, spécialement l’un des jeunes enfants au regard abyssal), et élabore un scénario en fonction des faits divers qui s’y sont réellement déroulés.. Nous sommes alors plongés au travers d’une poésie envoûtante en parfaite osmose avec la musique, et là encore les talents de compositeur d’Iván Noel se font remarquer. L’histoire évolue dans un certain mystère, les éléments se dévoilent sans pour autant toujours faire avancer le fond et au finalement cette affaire de disparition n’est qu’un support, qu’un symbole pour traiter quelque chose de plus profond…Ce qui instaure une idée à double sens puisqu’elle peut créer certaines frustrations quant à l’histoire initiale, mais la beauté et l’intensité de l’oeuvre nous font vite oublier cela.

–> Retour vers la nuit interdite

– Tinam

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