My name is « A » by anonymous (Shane Ryan, 2012)

De nos jours, il n’est pas rare de lire en caractères d’imprimerie au début d’un film la phrase « inspiré de faits réels« . C’est pourtant bien le cas de « My name is A by anonymous » qui nous conte l’histoire de la jeune Alyssa Bustamente qui se vit condamnée pour le meurtre en octobre 2009 de sa jeune voisine Elizabeth Olten âgée de 9 ans. Le corps de la fillette fût retrouvé enterré dans un petit bois non loin de son domicile. Lors d’un procès très médiatique, l’Amérique découvrit avec stupeur que la jeune meurtrière était loin de regretter les actes qu’elle avait commis à l’aube de son quinzième anniversaire, mais qu’elle semblait tout bonnement se  régaler de ceux-ci, les considérant comme une espèce d’expérience enrichissante. Le film nous montre sans aucune langue de bois, les destins cruels de plusieurs enfants, nous partage leurs errances et leur désarroi, tente de nous faire comprendre l’incompréhensible sans jamais sombrer dans un cabotinage qui eût été bien facile, nous fait réfléchir à tout ce qui pourrait faire basculer dans l’horreur toute personne un peu fragilisée. Ne pensez pas voir une oeuvre gentillette, sachez que vous risquer de chavirer sans vous en rendre compte là où Ryan veut vous emmener: dans le monde où vivent ceux qui chancellent vers le côté obscur. mynameisa3

Divisé en trois actes, « My name is A, by anonymous » m’a tout d’abord surpris par ses qualités graphiques bien que certaines scènes aient été filmées à la manière d’un Found-Footage, car l’essence même du scénario est exacerbée par cette brutale et délirante  exposition qui tend à épaissir le caractère des personnages. N’étant pourtant pas un farouche partisan de cette manière – très souvent abusive – de mettre en scène, j’admets néanmoins que dans certaines situations, le found-footage peut se targuer d’apporter une plus-value considérable à la compréhension sous-jacente  de la nature intrinsèque du développement cinématographique d’une situation; c’est le cas dans « My name is A by anonymous » qui a le mérite de confronter les individus composant une société en perdition aux lypémanies de ceux que leur propre confusion mentale a engendré. De prime abord, la thématique du métrage pour sembler banale, mais le renvoi dont elle fait preuve vers nos propres errances l’est beaucoup moins. J’ai également estimé que les divers fondus apportaient une touche poétique à l’ensemble sans qu’aucun d’entre eux ne paraisse inutile, ou ne rende l’ensemble irrégulier comme ce fut  le cas dans d’autre films de Shane Ryan. Après avoir réfléchi plus en profondeur aux thématiques abordées, je me suis rendu compte que l’assassinat de la jeune Elisabeth n’était qu’un prétexte pour mettre en avant toutes les souffrances qui peuvent mener à telle folie, les intervenantes ont des tendances à l’auto-mutilation, à l’anorexie, à la cruauté gratuite et c’est ce cheminement de douleurs qui mène à la triste issue qui fera partie de l’histoire.

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Outre l’aspect esthétique et la profondeur des personnages, la  musique est quant à elle est purement et simplement envoûtante; musique qui intensifiera d’ailleurs une interminable et asphyxiante scène d’inceste. Souffrant malgré tout de quelques défauts dus à mon sens à un budget très limité, My Name is A reste une oeuvre touchante, et relativement bien ficelée dans son ensemble. Vous l’aurez compris, j’ai été indéniablement ensorcelé par cette oeuvre qui au final est bien plus nauséabonde – dans le « bon » sens du terme si tant est que ce sens puisse exister –  qu’elle pourrait le laisser penser avant d’avoir pris un recul suffisant pour en apprécier toutes les teneurs et surtout toutes les saveurs.

Otis Driftwood (B.L mais aussi Adam Korman)

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