Compte rendu du Sadique-master festival 1ére édition (2015) – 2éme journée.

Les beaux pass du festival crées par Maddy.

Après une première journée fort alléchante dont les retours semblent globalement tous positifs, nous continuons de plus bel pour cette nuit de diffusion déviante intensive. Rendez-vous au bar à 17 heures, bon nombre de sadiques sont présents, le temps de boire quelques verres, de converser et d’instaurer un climat chaleureux avant la soirée. 20 heures; nous entrons dans un restaurant français au hasard, qui rapidement se relève bobo-bourgeois et attendons le reste de notre jury (Alan étant déjà présent) convié à nous rejoindre ici même. Quarxx arrive, Dejan le suit de peu derrière, et entre temps qui voilà ? Sebastian Barrio, star du X français et amis de notre jury. Sa venue inopinée monte alors encore l’ambiance d’un cran tandis que les divergences sur la double pénétration semblent mettre mal à l’aise nos serveuses/serveurs peu habituées à de si rustres clients ! Et comme dirait Sebastian « Elle est bonne ta petite cantine !  » ce qui n’était pas tout à fait vrais, mais bon.

Photo au bar avec les sadiques (Marian que tu es beau en premier plan !)

Otis (chroniqueur sur Sadique-master) avec mon masque à gaz au bar.

Repas terminé, nous arrivons au cinéma et constatons que le public semble aussi conséquent que la veille, voir plus, tandis que nos partenaires d’Uncut movie sont eux aussi présents. Nous profitons d’un plus large timing pour permettre à Quarxx et Dejan de présenter leur filmographie, que le public sache ce que les deux messieurs ont sous le bras. C’est désormais au tour d’Alan Deprez de présenter son court métrage Erotomania, initialement réalisé pour les 30 ans du BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival) que nous diffusons sans plus attendre. Erotomania s’avère être tout d’abord un exercice de style intéressant avec un esthétisme des plus raffinés, et des hommages qui dégoulinent, que ce soit au pinku eiga, à l’érotisme en général ou aux 100 ans de la Nikatsu. Les lumières sont tamisées façons Giallo, le court métrage commence de manière impromptue et sans plus tarder en vient en principal. Un travail sonore remarquable se fusionne aux images et on ne peut nier une certaine sensualité en accord direct avec les scènes de torture marqué d’un univers fétichiste tout bien respecté. Assurément jouissif, ça fait du bien là où ça passe.

Nous enchaînons avec Wound de David Blyth, qui visiblement a divisé le public. Bien évidemment, c’est une oeuvre particulière et dés lors que j’ai présenté le film dans le programme, il était clairement stipulé que celui ci ne plairait pas à tout le monde, ce fut le cas. Wound est un film complexe, onirique, avec des inspirations notables qui peuvent rebuter les puristes des œuvres en question. Mais Wound a du propos, de la matiére, et dispose d’un univers comme il se fait rare, d’autant plus dans le cinéma indépendant. Tout comme pour Pray, nous nous abstiendrons de rentrer dans l’analyse, mais nous faisons face à une oeuvre qui tout d’abord se vit (en faisant abstraction de quelques défauts mineurs) et qui ensuite se dissèque. Les premières impressions se traduisent à travers un étrange cauchemar déstabilisant, propre aux lois absurdes du rêve, d’où l’onirisme auquel certains semblent être hermétiques. Il faut, je pense, oublier les codes cinématographiques préétablis pour apprécier pleinement Wound et son étrange mise en scène, qui avec le sens du film forme une symbiose relativement fascinante.

On se détend, on arrête de réfléchir. Si Wound mettait le cerveau en ébullition, l’oeuvre suivante se révélera plus apaisante. Nous commençons par « Do », court métrage satirique et anticapitaliste de Marc Lahore produit par Broken production (qui avaient déjà produit l’excellent Nuit noire de Quarxx). Un homme issu d’un groupe d’aide aux SDF du nom de DOmninique mène une double vie et fait aussi parti d’une bande de clowns qui comme les Droogies d’Orange mécanique tabassent ces mêmes SDF pour des raisons que nous apprendrons par la suite (no spoil). Do est cruel, concis, particulièrement piquant, et il difficile de ne pas apprécier cette oeuvre de mauvais gout.
La suite vient avec le joyeux Circus of the dead Billy Pon qu’on ne présente plus et qui s’est joyeusement vu attribué le prix du public, enthousiaste au métrage et à son contenu.

Le prix du public remporté par Circus of the dead.

Nous en venons maintenant à Amateur porn star killer de Shane Ryan, qui pour certaines raisons (pas forcément bonnes) a refroidi la salle. Pour ma justification, j’ai pour la première fois visionné sur petit écran, dans un cadre minimaliste, et l’aspect  porno crade dérivant vers le fake snuff passait plutôt bien. Force est de constater que sur grand écran, la petite pellicule obscure perd son intensité et son intérêt, et n’est pas spécialement adaptable en cinéma. Le contenu y reste pourtant toujours aussi percutant, la mise en scène réaliste et la dépravation psychologique intéressante. Mais l’esthétisme graveleux et la caméra bougeant incessamment deviennent rapidement harassants, et en l’absence de scène révélatrice ou choquante  l’intérêt du métrage diminue, d’autant plus dans ce contexte. Le public semblait très impatient de voir notre jeune fille dénudée, mention spéciale pour le grand « à poil » dans la salle, car il est vrai que même les pervers n’ont pas été rapidement servi. Amateur porn star killer n’est pas un mauvais film, mais le contexte était, je pense, mal adapté.

Le tout sera alors clôturé sur Cross Bearer de Adam Ahlbrandt, un slasher plutôt divertissant, à l’esthétisme remarquable, à la réalisation quelque peu bordelique mais jouissive. Cross Bearer est en quelque sorte une parodie du slasher entretenant les codes old school du genre. Avec du gore, du sang et quelques dialogues absurdes, voici le film idéal pour clôturer la soirée en réveillant ceux ayant piqué du nez lors d’Amateur porn star killer.

Alors autant dire que cette première édition fut une excellente expérience à reproduire, les divers critiques et retours n’étaient que des éloges encourageantes, donc ça fait réellement plaisir. Nous avions comme l’impression d’être à une retrouvaille entre de vieux amis (sans aucun snobisme pour les nouveaux arrivants), et nous avons pu constater que la petite communauté qui s’est, au grès des années, formé sur Sadique-master est d’autant plus chaleureuse en vrai.

Rendez vous l’an prochain pour plus gros, plus fou, plus festif, et évidemment plus sadique !

Merci à tous.

– Tinam.

http://www.sadique-master.com/compte-rendu-du-sadique-master-festival-1ere-edition-2015/ <—- Compte rendu de la 1ére journée du festival.

Toutes les informations sur le festival : http://www.sadique-master.com/sadique-master-festival-reel/ 

 

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