Murder Set Pieces (Nick Palumbo, 2004)

Le scénario de ce film d’une extrême violence, réalisé en 2004, est somme toute assez mince. En effet un individu dont le nom ne nous sera jamais dévoilé mais qui, et nous en serons témoins pendant 90 minutes – bien qu’exercant l’honorable profession de photographe de charme – est pourvu de toutes les « qualités » du parfait sérial killer psychopathe névrosé. Sa petite amie ne doute absolument pas de la passion que ce dernier porte à la nécrophilie et aux démembrements des jolies jeunes femmes qu’il séduit. La particularité de ce personnage est sans conteste ses origines germaniques, au sujet desquelles il ne cache pas ses attachements; et plus précisément d’être le petit fils d’un dignitaire du régime nazi dont il arbore fièrement les clichés au côté du Fürher.  Ayant visiblement une enfance sordide qui nous est suggérée par différents flashbacks, destinés à « expliquer » les agissements plus  qu’excessifs de ce protagoniste.

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Soyons clairs d’emblée, Murder Set Pieces va très loin dans les penchants sadiques du tueur en série qu’il dépeint. Cette oeuvre extrême pourrait nous rappeler Maniac de William Lustig, mais sans pour autant s’attarder aussi brillamment dans la description de l’univers désaxé de son personnage et en sombrant dans les clichés des codes habituels du genre. Cependant, le but étant de montrer des scènes choquantes est réussi, tant notre sérial-killer s’en prend à tout ce qui bouge, tout ce qui est fragile sans aucune compassion. C’est la raison pour laquelle, même les jeunes enfants ne sont pas épargnés pendant toute la durée du métrage – ce qui est, il faut bien l’avouer – plutôt rare dans le cinéma de genre. Vous aurez compris que les principaux attraits de Murder Set pieces résident dans l’aspect graphique audacieux de scènes extrêmement dures et, il faut bien l’admettre d’un réalisme étonnant,  réalisme qui constitue à mon sens un des seul attrait du film, bien que Palumbo aurait voulu nous faire croire qu’il voulait privilégier un aspect « d’hommage rendu » à des oeuvres comme celle de Lustig par exemple. Spécifions cependant que le Murder Set Pieces est sorti en DVD 4 ans après sa réalisation, a été interdit dans nombre de pays, et présenté – notamment aux Etats-unis – dans une version amputée de plus de 20 minutes (ce qui est quasi un record), il est donc inintéressant de le visionner dans une autre version que celle « Full Uncut ». Toutefois, relevons que bien des scènes sont atrocement réalistes de par leurs effets spéciaux –  et les boucheries sont assez diversifiées.MSP2

Cependant, et je le répéterais encore une fois, ce cas de réalisateur de film extrême n’assumant pas son oeuvre, c’est cela qui est à mon sens dérangeant. En effet, justifier des actes d’une perversité innommables et utiliser le rapprochement simpliste entre les faits commis et l’appartenance de la lignée du tueur à une famille proche d’Hitler est d’une facilité ahurissante, cette démonstration ayant été maintes et maintes fois utilisée dans l’histoire du cinéma. Ce premier argument constituera le socle de ma critique au sujet de ce film, qui bien que présentant quelques qualités graphiques, sombre dans les clichés habituels de la justification imbécilement simpliste. MSP4

Concernant la qualité du jeu d’acteur de Sven Garret, elle est à là limite du grotesque, car il me semble qu’un acteur interprétant un horrible sérial killer nazi dépourvu de toute humanité, n’a pas besoin d’écarquiller les yeux  et de serrer les dents en poussant sans arrêt des grognements ridicules, pour lui donner des allures plus féroces; ni d’accompagner les étripages qu’il commet de cris en langue allemande… Dans les points positifs, notons également le petit rôle de Tony Todd, (l’acteur qui jouait le personnage de « Candyman » dans le film éponyme de Bernard Rose).MSP3

Bref, encore une fois, nous avons droit à un splatter qui aurait été plus dérangeant si le réalisateur avait joué davantage sur une atmosphère marmoréenne que sur un simple enchaînement de scènes gores appuyées par des pseudo justifications pusillanimes. Murder Set Pieces rate pour moi le pari audacieux que Scott Shirmer avait quant à réussi avec un budget bien moindre en réalisant son excellent « Found ».

Otis Driftwood (B.L)

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