Entrance (2012) (Dallas Richard Hallam et Patrick Horvath) (Critique)

Suzy vit un quotidien ennuyeux et est constamment anxieuse. Mais peu à peu des événements étranges surviennent et elle a la certitude d’être épié et observé…

Entrance est un film à petit budget, et c’est là qu’il est admirable de voir ce que les réalisateurs ont su faire avec de si modiques moyens. Dés les premières scènes, il est évident que nous avons affaire à un film intimiste au réalisme immersif. Nous suivons le quotidien morne d’une jeune femme dont la vie insipide évolue tant bien que mal.
Progressivement, un certain climat de paranoïa et d’angoisse s’installe, et cela avec seulement quelques éléments interpellant  La réalisation et la photographie alternant entre intimisme et esthétisme naturel peuvent parfois nous rappeler le style de Philipe Grandrieux (Sombre..ect).

La tension augmente au grè de l’évolution du film et nous suivons la perdition de Suzy (superbement interprété par Suziey Block) se dirigeant progressivement vers un apogée inquiétant. Les événements anormaux (rien de surnaturel, je vous rassure) se multiplient et Suzy tente en vain de relativiser.
La puissance d’Entrance réside dans son authenticité et sa remarquable qualité à faire beaucoup à partir de rien. Assemblé ensemble, chaque scène se succédant nous immerge dans son quotidien et l’identification s’élabore d’elle-même. Notre personnage principal évolue dans une grande ville oppressante et les réalisateurs insistent bien sur cette notion du climat urbain constamment stressant, où un psychopathe obsessionnel peut éventuellement habiter à quelques rues de chez vous tout en passant ses journées à scruter vos faits et gestes.

Et dans tout cela nous remarquons que finalement, ce film entretient tous les codes du slasher urbain (disparitions d’animaux de compagnie, voiture teintée relativement insistante…ect. Jusqu’au final…) mais les adapte au réalisme de la vie quotidienne, et c’est là que la véritable psychose se crée (et quel travail minutieux sur le son !)
Dans son acheminement, cette oeuvre relativement ingénieuse n’est pas sans nous rappeler certains éléments de Megan is missing, toujours dans cette même subjectivité. Hélas, je ne peux vous en dire plus car découvrir ce film avec une totale ignorance de son déroulement (ce qui fut mon cas) apporte une vision neutre et beaucoup plus perturbante.
Définitivement, Entrance est une véritable surprise originale et angoissante à la psychologie incisive et à la réalité sociale prononcée.

 

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