Paris international fantastique film festival – Journée 2 (Bag Boy lover Boy, The Duke of Burgundy , Why horror ?)

La journée débute cette fois-ci par Bag Boy Lover Boy, oeuvre au thème peu commun où la perversion narcissique et l’exploitation par le prétexte de l’art se côtoient. Un photographe populaire aux moyens aisés utilise un pauvre vendeur de hot dog au physique atypique et à la vision de la réalité déformée pour concrétiser ses projets ambigus. Attisant les désirs et flattant réversiblement l’égo de notre vendeur d’hotdog, celui-ci explore des complexes et des frustrations qui n’auraient ô grand jamais dut voir le jour. C’est ainsi que l’histoire se façonne, dans un climat urbain peuplé de personnages détestables profitant mutuellement les uns des autres pour leur propre intérêt, et pour finalement aboutir vers une décadence certaine.
Bag Boy lover Boy est sexuellement déviant et le traitement de notre personnage principal (dont la performance d’acteur est impressionnante !) est particulièrement intéressant. C’est aussi une démonstration cynique et inquiétante de la facilité à faire sombrer un homme qui n’a rien dans la folie la plus totale.
Disposé entre une touche d’humour noir et un aspect constamment décalé se ressentant jusqu’à la musique, ce film nous dresse un portrait original qui tout de même sur certaines formes pourrait paraître légèrement inabouti.

Là aussi il y a de la sexualité, mais le raffinement est tout autre.
The duke of Burgundy narre l’histoire de deux femmes lesbiennes vivant comme dans les années cinquante et entretenant une relation sadomasochiste. C’est avec brio qu’il esquive le cliché facilement attirant des deux bimbos au corps de rêve, car ici nous avons seulement deux femmes des plus banales au physique plus ou moins normal.
L’atmosphère se rapproche beaucoup des écrits de Sacher Masoch, l’esthétisme est constamment somptueux et la musique quant à elle est des plus envoûtantes. The duke of Burgundy possède indéniablement une atmosphère poétique. Cela dit, le fond de l’histoire retranscrivant un quotidien morne stimulé par une sexualité débridée et profonde est beaucoup trop stagnant et il est regrettable de voir des répétitions scénaristiques là où il devrait y avoir une évolution des personnages. Mention spéciale pour la métaphore des papillons plutôt pertinente pouvant parfois faire penser à Nymphomaniac de Lars von triers . Quoi qu’il en soit, le charme de ce film est évident et lui confère un intérêt tout particulier, mais son contenu est parfois bien trop rédhibitoire.

« Why horror ? » est un documentaire où nous suivons un fan de cinéma horrifique dans sa quête de l’intérêt naissant pour le film d’horreur. En soi, c’est une rétrospective correcte et certaines anecdotes telles que l’approche de ce cinéma et de la mort en elle-même dans la culture Mexicaine, ou les réactions neurologiques du cerveau face à un film d’horreur ont des intérêts irréprochables.
Mais dans son intégralité, Why horror est extrêmement réducteur et ne détourne jamais vraiment des classiques. Il tente de convaincre le spectateur lambda de ne pas diaboliser le fan de cinéma horrifique, et pour ça il expose les intérêts les plus superficiels liés au sujet. Il est même parfois catégorique et tente de situer différents types de fans à partir de conclusions hâtives.
En réalité, ce documentaire n’est pas destiné aux vrais fans, encore moins aux néophytes car il ne leur apprendra quasiment rien. Il est plutôt destiné aux spectateurs non-initiés, et globalement à tous les antagonistes de ce cinéma et de cet univers.

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