Étrange festival – 9éme journée (Moebius, Cub, Hyena)

Vendredi 12 septembre

Nous arrivons désormais au dernier week end avant la fin du festival et la tristesse se fait sentir.
Consolons-nous alors avec le visionnage de Moebius, le nouveau film de Kim ki-duk au synopsis plus qu’alléchant. Alors qu’elle surprend son mari en plein adultère, une femme tente de lui sectionner le penis. N’y arrivant pas, elle décide d’émasculer son fils et avale son sexe. Ça donne envie hein ?
Il faut tout d’abord savoir qu’effectivement Moebius est un film choc, un film dérangeant, mais jamais il ne s’égare dans le putassier ou dans la surenchère visuelle.
Le réalisateur a choisi de jouer cette blague œdipienne de manière astucieuse en n’exposant que des plans minutieusement suggérés stabilisant un parfait équilibre entre la folie de l’histoire pourtant ironiquement rationalisé. En dehors de son élément déclencheur sulfureux et des multiples masturbations atypiques, car n’ayant plus de sexe l’onanisme se complique, Moebius traite le quotidien d’un jeune homme dépourvu de phallus. Cet handicap influera alors sur sa vie, ses situations journalières ou encore sa virilité brisée.
Ce film est en réalité un drame familial à l’imagination stupéfiante et aux thèmes peu communs puisque la majorité des taboues y sont brisées.
La réalisation en elle même est plutôt sobre et l’esthétisme n’excelle pas, mais ceci n’importe que peu car l’intérêt  réside ici dans les idées délirantes et absolument décalés à travers lesquels Kim ki-duk secoue son spectateur dans tous les sens.
Moebius nécessite indiscutablement un ou même plusieurs visionnages que vous ne regretterez surement pas. Ne serait-ce que pour découvrir de quelles manières il est possible de jouir…

Retour à quelque chose de plus classique, de trop classique. Un survival avec des scouts qui meurent. Désolé du spoil mais il fallait s’en douter, les scouts ne survivent jamais. Nous avons donc ici affaire à une légende locale qui n’est censée n’être qu’une légende mais qui n’en est pas, et qui finalement trucide des mioches tous plus insupportables les uns que les autres. Il faut tout de même noter que ce film s’appelle Cub et que c’est Belge. On sent un hommage aux slashers des années 80 et la photographie est belle.  Dans les années en question un charme propre à l’époque  aurait pu sauver tout ça, car à ce moment là ce schéma scénaristique était encore novateur. Il se trouve qu’ici il n’est que piètrement reproduit et qu’en plus de ça, hormis un seul meurtre imaginatif, les autres sont fades, hors champ, et spéciale mention pour un meurtre désespérément facile dans la tente (saura qui verra le film). Ce qui est bien triste , c’est que tout est prévisible jusqu’à une fin évidente mais pourtant incohérente.  Nous nous retrouvons finalement face à une oeuvre vaine qui pourtant avec des éléments tels que ceux-ci pouvait être jouissif.

Pour clore la journée nous finirons avec Hyena, un Polar Anglais nihiliste et viscéral. Nous assistons ici à une sorte de Pusher inversé car l’immersion se déroule ici dans le milieu Policier, et il n’est pas pour autant plus doux. Le réalisateur ne lésine pas sa vision des flics trop impliqués franchissant une barrière ambiguë, intervertissant les rôles à plusieurs reprises. Face à notre protagoniste principal se trouve un réseau d’Albanais pour le moins dangereux. Une fois les grandes lignes résumés, il est important de faire remarquer que ce film est doté d’un réalisme absolument saisissant et d’une ambiance totalement froide. L’aspect éphémère de la vie et  la mort retranscrivent parfaitement bien le quotidien de ce milieu et jusqu’à la fin Hyena s’accroche cyniquement à sa philosophie réaliste. Rien n’est rajouté, tout est montré de manière crue, brutal, et si vous voulez voir des Albanais énervés qui découpent des gens dans la baignoire avec la veste Adidas imbibé de sang c’est aussi l’occasion. En conclusion, Hyena est une excellente surprise, un polar Anglais méchant qui fait mal là où il passe.

 

 

 

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One Response to Étrange festival – 9éme journée (Moebius, Cub, Hyena)

  1. Roggy says:

    Pour « Cub », le meurtre avec les arbres est effectivement sympa et le film a pleins de problèmes mais il se laisse regarder. Et, d’accord avec toi pour « Hyena » qui est très bon malgré une fin ratée.

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