Étrange festival – 8éme journée (Radio silence, Blastfighter, A girls walk alone a night)

Jeudi 11 septembre

Cette fois ci nous commençons la journée avec Radio Silence, un thriller Allemand en quasi 8 clos où un animateur d’une radio pirate est contacté par un tueur en série de la région recherché depuis bien longtemps par la police. C’est alors le début d’un jeu macabre au scénario capillotracté se claustrant pourtant dans une réflexion simple. Une alternance répulsion/empathie s’installe et alors s’enchaînent les longs plans zoomés sur le visage lors des interminables digressions téléphoniques entre nos deux protagonistes. Le film touche avant tout l’aspect voyeur inavoué et sur ce point là s’en sort plutôt bien, mais la cohérence ne se tient pas sur la continuité de l’histoire. Personne n’est tout blanc dans cette histoire et le meurtrier manipulateur plutôt inquiétant et ressemblant étrangement au serial killer russe (réel) Andrey Chikatilo tente constamment de piéger notre cher animateur. Durant le déroulement certaines idées perverses feront une belle apparition mais le rythme ne tient pas et la cohérence non plus. Radio silence est un film simple dans le fond mais qui se veut complexe sur la forme, ou du moins dans sa structure scénaristique qui hélas ne s’étend que sur une sempiternelle confusion.

On change totalement de registre et à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Redneck movies, Maxime Lachaud a carte de blanche pour choisir un film dans les thèmes. Il empruntera donc la carte Nanar et nous aurons droit à la diffusion de Blastfighter l’exécuteur de Lamberto Bava.  En tant que grand fan du film Délivrance, le fils Bava nous en offre une suite illégitime (tourné dans le même décor) ironiquement mixé avec une parodie de Rambo.  Comme si cela ne suffisait pas, les doublages français hilarants viennent nous torturer les oreilles et provoquer dans la salle d’improbables crises de rires. Que dire de plus sur ce petit plaisir coupable d’ailleurs très peu connu du grand public si ce n’est que c’est un véritable délice du Nanar de série B des années 80.

On revient dans le sérieux pour un film Iranien féministe revisitant bon nombre de mythes. A girl walks alone at night est un film au style contemplatif qui fut tourné dans une ville fantôme. Son grain est intrigant et sons propos non dénué de sens. Un beau noir et blanc soigneux recouvre l’image mais on remarque vite que le film s’épilogue et se fixe un peu trop sur l’esthétisme. A girl wlaks alone at night ressemble davantage à un compte expérimental pour adulte qu’à un réel film narratif, et dans son contexte politique/moral certaines scènes et propos explicites risquent de susciter une controverse dans le pays natal de la réalisatrice. L’errance de notre femme-vampire apporte une certaine immersion mais risque aussi de diviser son public qui qualifiera l’oeuvre d’hermétique.

 – SM

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One Response to Étrange festival – 8éme journée (Radio silence, Blastfighter, A girls walk alone a night)

  1. Roggy says:

    Les réalisateurs de « Radio silence » tentent de se la jouer petits malins avec leurs twist permanents, mais au final le film ne fonctionne pas à mon goût. Par contre, quel bon moment de rigolade et de série B avec « Blastfighter ». De l’or en barre 🙂 . J’ai aussi beaucoup aimé le film de vampire irano-américain aux images et à la bande-son très réussies.

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