Hannibal (2013) (Série) (Saison 1) (Critique)

Synopsis : La relation étrange entre le célèbre psychiatre Hannibal Lecter et l’un de ses patients, un jeune profiler du FBI nommé Will Graham, torturé par sa fascination dévorante pour les serial killers…

Une série sur notre cher Hannibal lecteur est quelque chose d’audacieux et de plutôt alléchant.
Mais avant même d’avoir commencé la série, les puristes de la trilogie/quadrilogie originelle auront l’inéluctable réflexe de préserver l’intégrité de l’oeuvre en comparant les personnages, l’histoire, la psychologie, l’intensité, et parfois en les dénigrant.
C’est hélas une mauvaise idée car celle-ci empêche un jugement objectif envers cette série qui n’est ô grand jamais un remake de l’oeuvre original mais bien une sorte de préquelle. Ne cherchez donc pas la concordance ni la cohérence car il n’y en a évidemment pas ou très peu (le symbole du Cerf restera tout de même).

L’aspect série policière de certains moments pourra nous rappeler esprit criminel, mais uniquement sur la forme, car le fond est tout autre et la psychologie est ici loin d’être artificielle, nous sommes à un autre niveau. Même si cela peut au premier abord rebuter, nous remarquerons vite que le scénario ne s’éternise pas sur cet aspect policier mais s’en sert simplement comme support/intermédiaire pour entretenir un fil conducteur empêchant à la série de tourner en rond et ainsi contribuer à son évolution.

Dés le départ, presque chaque épisode correspondra à un tueur en série interférant indirectement entre Will et Hannibal. Will s’occupe de l’affaire et Hannibal s’occupe de Will, ainsi leurs rôles arbitrairement intervertis alimenteront la naissance d’une certaine réciprocité au premier abord partagé.
Mais comme la genèse de cette série naît dans la manipulation, les intentions de chacun deviennent imminemment plus ambigus, plus tordues.

L’un est psychanalyste meurtrier raffiné et habile de manipulation et l’autre un profiler absorbant la folie des meurtriers tout en parvenant à s’identifier parfaitement à eux avec une empathie dévorante s’érigeant jusqu’à l’obsessionnel pour finalement reconstruire et résoudre leurs crimes.
Un double jeu fructueux alimentant sans cesse la dualité du déroulement de l’histoire.
Cette série explore une réflexion bien particulière consistant à démontrer que là où le génie devient folie et la folie devient meurtrière, les frontières se troublent.

Nous ne passerons pas non plus à coté de l’esthétisme exceptionnel acclimatant une ambiance poétique, froide et cynique. Poétique, Mads Mikkelsen l’est à lui tout seul, car, disons le, qui pouvait tenir le rôle de notre cher Docteur Hannibal hormis Anthony Hopkins ?
Et bien il se trouve que Mads Mikkelsen s’en sort à merveille, son visage atypique et son charisme décalé attribuent un charme à part à notre « nouveau » Hannibal.

Tous les éléments cités ci-dessus contribueront alors à un certain lyrisme indéniable transportant le spectateur dans les méandres de ce labyrinthe mental qu’est cette série. Hormis quelques raccourcis scénaristiques parfois injustifiés décrédibilisant certaines conclusions hâtives,  l’écriture est irréprochable et il faut bien avouer que le tout est habilement mené.
Malgré des envolés lyriques parfois alambiqués et des meurtres toujours très recherchés auxquels certains attribueront une prétention trop élevée pour le résultat donné, il faut bien avouer que ceux-ci sont spectaculaires, graphiques et particulièrement stimulants. C’est au final une audace rapidement rentable par ce qu’elle apporte.

Les seuls défauts se trouvent principalement dans des détails n’ayant finalement que peu d’importance à l’impact et au talent globales de l’oeuvre.
Autant dire que c’est un véritable régal de se retrouver face à une telle série.
On enchaîne avec la deuxième !

 

– Tinam.S

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