Festival Mauvais genre – 18 Avril – Nuit interdite et plus encore

Première journée au festival du mauvais genre, une bonne ambiance et une organisation carrée introduisent parfaitement bien le festival en attendant la première séance.

Pour des raisons d’emploi du temps, je n’ai pu assister à « LFO » alors ma première séance fut « Kept ». Dans ce film, nous suivons un premier film très autobiographique sur une femme victime d’enlèvement par un maniaque sexuel qui ne porte pas contre son agresseur car celui-ci n’a pas été jusqu’au « viol ». Grave erreur car ses prochaines tentatives seront moins indolores. Malgré de bonnes intentions, le film s’égare dans un surréalisme sérié B n’ayant pas réellement de rapport avec les faits de bases. C’est dommage car on avait des bons éléments mais le scénario ne suit pas, perd du sens et ne sait plus où tourner de l’oeil. Et malgré l’intervention inopinée plutôt amusante d’un homme hibou représentant la sagesse, ainsi qu’un esthétisme réussi, on en gardera pas un souvenir mémorable.

Mais dès lors que la nuit interdite commence, une odeur d’hémoglobine et de souffre se fait sentir.

Tout commencera par Sinnside, un court métrage espagnol sous forme de conte macabre dans un restaurant avec des enfants servant un repas. Inspiré par le Labyrinthe de pan, Alice au pays des merveilles et bien d’autres contes aux métaphores morbides, on est constamment interpellé durant le visionnement de l’œuvre. Esthétiquement remarquable, totalement intrigant, on est littéralement happé. Un court métrage à voir et revoir pour son ambiance et les éléments loupés lors de la première analyse.

Ensuite, je ne me souviens plus de l’ordre exact mais il me semble que le court-métrage suivant est Do (film français). Très différent de Sinnside mais tout aussi excellent, nous avons ici une sorte d’hommage à Orange mécanique mélangé à une satire anticapitaliste bien piquante, le tout sur une conclusion délicieusement morbide. Je n’en dirai pas plus, mais quel bonheur !

Et enfin, Apocalyptic viendra introduire le premier long-métrage de cette soirée. Un found footage où une équipe de téléréalité fait un reportage sur une étrange secte basée sur la fin du monde. Cette fois-ci, pas de sorcière, de fantôme ou d’événements surnaturels improbable, seulement du mystérieux. La force du film réside sur son ambiance, le scénario est assez anarchique mais parvient à inquiéter jusqu’au bout. C’est une belle réussite, c’est ça qu’on veut voir sur nos écrans, pas des adolescentes sursautant à chaque porte qui claque.

Ensuite, place à Fist of Fire, un court métrage animé finlandais où un batteur de death métal meurt d’une infection liée à un oiseau. Malgré l’animation soit réussite, on ne sait pas trop où le scénario veut aller, c’est une expérimentation sympathique mais pas indispensable.


4éme court-métrage de cette soirée Trajectoire un mélange entre frontière et The loved ones. Du cinéma français qui fait du bien, qui exploite ce qu’on sait faire de mieux. Un excellent trio d’acteur et un twist final bien amené, on en veut plus… D’ailleurs, le réalisateur nous a confié vouloir en faire un long métrage, affaire à suivre.

2éme long métrage de cette soirée, House with 100 eyes. Un subtil mélange entre Making oFF de Cédric Dupuis à l’américaine et avec les premiers films sombres de Haneke. Voici un film politiquement incorrect, dérangeant et saignant. C’est de ça dont on raffole… Au regret de voir 1/4 de la salle quitter la salle pour des maux d’estomac ou de cœur, les adeptes d’adolescentes se faisant éventrer et d’humour noir tendancieuse, abjecte, seront aux anges. Ce film est génial, vraiment.

Avant d’attaquer le dernier long-métrage de cette soirée, nous avons eu la joie de découvrir Hell no, un court métrage sous forme de fausse bande-annonce se moquant littéralement des clichés de films d’horreur, des réactions stupides des protagonistes. C’est bien vu, ça tacle gentiment le cinéma de genre et c’est vraiment drôle.

Et pour clore tout ça, Président Wolfman viendra endormir son public… Non, vraiment, il est réellement dommage que ce long métrage soit mis à cette heure-là (2 heures du mat). Il reprend le même principe que « La classe américaine » c’est-à-dire, prendre des extraits de films des années 70 et en changer les dialogues, en faire quelque chose d’à la fois satirique et incohérent. En court métrage effectivement, ça peut être distrayant, mais en long, ça s’essouffle très rapidement. Peut-être que celui-ci serait mieux passé en début de soirée.

Après un mitigé « Kept », la nuit interdite fait presque un sans faute à l’exception de Président Wolfman.Quoi qu’il en soit, le festival a pris la belle initiative de faire venir de nombreux réalisateurs présentant leurs courts/longs métrages accompagnés de quelques questions-réponses éclaircissant parfois le fond et la forme de certaines œuvres.
Alors, on peut dire une chose : vivement l’année prochaine.

Le programme complet du 18 avril ici même : http://www.festivalmauvaisgenre.com/programme/vendredi-18-avril/
ps : Les critiques complètes de « Apocalyptic » et « House with 100 eyes » sont à venir.

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