Paris International Fantastic Film Festival 3éme édition – Compte rendu

pifff2013

 

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Le PIFFF revient en force pour cette 3éme excellente édition au Gaumont Opéra Capucine à Paris, et dés lors de l’ouverture, Alex de la Iglesia nous fait honneur de sa présence et nous parle, très peu de son film, mais surtout expose le personnage qu’il est avec beaucoup d’humour et de dérision.

Passons les formalités, et allons à l’essentiel, les films !

Journée 1

Les sorcières de Zugarramurti

Ouverture du festival, déployer les rideaux et faites gicler le sang !

Les sorcières de Zugarramurti c’est un film qui représente l’éclectisme en personne et qui passe de l’absurde à l’absurde mais sous deux perceptions totalement différentes.
Alliant cinéma fantastique et satyre social (ce qui n’est vraiment pas facile), de la Iglesia parvient à résultat explosif qui, comme ses précédents films nous emmènent loin, nous déroute, joue avec les codes et exploite son style burlesque extrêmement bien.
Plusieurs sujets et thèmes errent dans le film car il traite la misogynie (il commence comme un film misogyne) et le féminisme (et fini par un film féministe).
La mise en scène est parfaitement maîtrisée, le style est nerveux et hystérique, on aime vraiment ça !

 

 Journée 2

Love eternal

Avec un pitch si annonciateur, j’osais espérer une œuvre dans la trame de Nekromantik ou Blue Holocauste mais hélas, non, nous sommes très loin de cela sans que ça soit mauvais pour autant.
Ici on est dans le spleen, le drame psychologique qu’il faut regarder sous antidépresseur.
La mort, la frontière de la mort, l’envie de mourir, l’humain qui se meurt à travers son quotidien insipide, la spiritualité de monter là-haut… Voilà tous les thèmes qu’exploite ce film.
Malgré un rythme lent, le propos, fortement mélancolique, interpelle et intrigue le spectateur.
Un film froid et nihiliste qui reste peut-être flou sur certains points, mais dont la mise en scène et le jeu d’acteur savent nous séduire sans malheureusement, nous emporter là où il voudrait.

 

The Battery

The Battery, ce n’est pas un film mauvais, mais c’est un film qui n’a rien de bon (hormis 2 scènes plutôt originales).
Certes, nous avons une lassitude affirmée des films de zombies mais ici n’est pas le problème, (on ne voit presque pas de zombies d’ailleurs) c’est surtout qu’il qui ne mène nulle part, il exploite quelques pistes mais stagne sans cesse, reste sur place et se repose sur son excuse du budget mineur (Found avait environ le même budget et pourtant, c’est un excellent film).
Il n’y a tout simplement pas la matière pour 1h30 de films mais plutôt pour 15 minutes.
En court métrage, il aurait sans problème pu être intéressant, mais pitié, pas en long…

Journée 3

Animals

Animals débute comme un film plutôt simple mais tout bonnement intriguant, puis s’avance progressivement dans quelque chose de plus intimiste, de plus tordu, et surtout, de plus en plus déroutant.
Quelque part entre Donnie Darko et Elephant, ce film transcende le simple malaise adolescent car il nous propose une tout autre vision, plus profonde, plus complexe.
C’est un film réaliste qui pourtant bascule dans le fantastique comme prétexte d’allégorie de l’espérance et du rêve.
Il idéalise l’innocence puis la bise. Il joue avec l’imaginaire et le réel, les désirs et l’envie.
Le mal-être du personnage principal est montré intelligemment car on parvient à s’identifier et à se remettre en question par la même occasion .
Un film très intéressant, plutôt étrange et qui fascine.

 

All cheerleaders Die 

Malgré une scène d’intro fort sympathique, ce film est raté.
Vous aimez le réalisateur ? Vous risquez de ne pas aimer ce film…
Et outre notre estime pour le cinéma de Mckee, vous ne risquez de pas l’aimer quand même.
Ce film voulant se moquer des teens movies est en fait tombé dans le piège de devenir lui-même un teen movie.
Ironie mal gérée, un fond inexistant, une forme qui se veut bordélique mais échoue là où Détention (bien que ce film divise, personnellement j’adore) a réussi.
Certes, certaines scènes de la dernière partie du film sont plutôt agréables, mais elles sont bien loin de sauver ce film qui sous prétexte d’être un peu « freestyle » se dénue de tout intérêt.

 

Byzantium 

Oui, c’est bel et bien un film de vampires et non, il n’est pas mauvais.
Bien au contraire, une élégance sans égale émane de la mise en scène somptueuse.
Le duo d’actrices Saoirse Ronan/Gemma Arteton (jouant deux sœurs très proches) ajoute encore du charme au film.
Nous sommes très loin du cinéma vampire kitsch (mauvais dérivé de ce genre) qui a pu se montrer dernièrement sous des pathétiques films pour pucelles tels les twilights.
Ici, bien qu’il n’y apporte rien de nouveau Neil Jordan se réapproprie le genre qui n’est bien sur, pas l’unique sujet du film.
Alliant Fable et faits historiques, on débouche sur une œuvre classe qui ne manque pas de propos.
Nous pouvons aussi voir ici que l’éternité a quelque chose de touchant….

 Journée 4

 

L’étrange couleur des larmes de ton corps

À mon grand regret, à cause de cette aberrante SCNF, je n’ai pu voir que les 25 dernières minutes de ce film qui m’ont pourtant suffi pour lui donner la note maximum.

Me serais-je fourvoyé ? Je ne pense pas !
Voici une œuvre qui saura mettre tous vos sens en ébullitions et pour les adeptes de cinéma expérimental et symboliques (comme moi par exemple), vous trouverez votre joie à décrypter les symboles et métaphores de ce film à l’allure glaciale et à l’esthétisme baroque éblouissant.
Une bande son stridente, oppressante et envoûtante, une photographie totalement dingue…
C’est une expérience unique !
Je n’ai qu’une hâte ; pouvoir le revoir, et cette fois-ci, en entier.

 

Cheap Thrills

Cheap Thrills, c’est un film qui fait du bien et qui fonce dans le tas.
Le propos est clair : Jusqu’où irez-vous pour de l’argent ?
Question déjà exploitée maintes fois mais rarement dans un cadre aussi intimiste et une mise en scène aussi brutal.
Rythme punk, décadence progressive, on commence de rien et on finit dans le carnage.
Certes, on pourra toujours dire que le déroulement du film est prévisible dans sa globalité, mais les situations parviennent tout de même à nous surprendre et à nous dérouter alors qu’on sait où tout cela va nous mener. C’est ça qui est fort !
Là où le film marque aussi un point, malgré sa dérision et son ironie relativement douteuse, c’est dans sa crédibilité
L’argent amène à la prostitution pure et figurée, et bien sûr, ramène l’homme à ses bas instincts où l’amitié, la dignité, les valeurs n’ont plus leurs places.
Voilà un film satirique jusqu’au-boutiste qui tape là où ça fait mal et qui après réflexion, est quand même bien tordu…(mention spéciale pour le regard vicieux et voyeur de la nana durant tout le film).

——–

Avant Cheap thrills, l’excellent court métrage  » mémorable moi « a fait hurler de rire la salle pendant 15-20 minutes.
Hors festival, j’ai aussi pu assister à 22h, au fameu  » Thanatamorphose » de Eric Falardeau.
J’en ferai une critique à part dans un article très prochain.
ps : D’ailleurs, cette journée fut pour moi, la meilleur du festival.

Journée 5


Wolf creek 2

Pour clôturer le festival, on ne pouvait rêver mieux !

Cette suite, surement redoutée par les adorateurs du premier volet n’est en aucun cas mauvaise.
Elle est très différente et c’est une bonne chose.
Moins glauque, moins immersif, mais plus gore et plus d’humour noir.
Disons qu’il est beaucoup plus détendu que le premier volet, sans pour autant perdre de la maîtrise.
Ce changement entre les deux opus est une bonne chose car une simple suite dans la trame du premier n’aurait pas servi à grand-chose, si ce n’est une copie inutile.
De manière plus intime, nous apprenons à connaître ce fameux tueur en série qu’est « Mick Taylor « (assurément mon tueur de survival/slasher préféré) et son humour infâme, son racisme exacerbé, sa mauvaise foi inouïe, mais qu’est-ce qu’on l’adore.
Pour tout dire, il est plus attachant que les victimes (qui ne sont quasiment que des hippies d’ailleurs) même si le cobaye final se prend plutôt bien aux jeux de notre cher Mick.
Ce qui est certain, c’est que ce wolf creek 2 écrase quasiment tous les survivals de ces dernières années (surtout les Américains), et parvient à nous donner le sourire aux lèvres à travers des répliques cultes totalement macabres.

« Les voies de ton cœur sont impénétrables, mmh…
On verra quand je t’aurai arraché la cage thoracique  » – Mick Taylor

 

Plus encore

Avant chaque film, nous avons eu l’occasion d’assister à différents courts métrages qui, d’ailleurs, furent quasiment tous excellents.
Je n’ai pas assisté à la journée de vendredi (budget limité) et , hormis perfect blue que j’avais déjà vu, les autres films ne me semblaient pas indispensables et trop éloigner du coté atypique et purement horrifique du reste du programme.
Je n’ai pas non plus été à la nuit Stephen King, car déjà vu 3 films sur 4 donc,  20 euro pour seulement le dernier Carrie qui ne m’enchante pas plus que ça, ne m’arrange pas. De plus, à la même horaire été la séance Thanatamorphose à Panic Cinema.

Quant au Palmares, le PIFFF, a cette année choisi de donner la voix au public et de le laisser choisir lui même ses grands prix.

 

ŒIL D’OR – Long-métrage
– Cheap Thrills

ŒIL D’OR –  compétition courts métrages internationaux
THE MAN WHO COULD NOT DREAM –

ŒIL D’OR – Court-métrage français 
 Prix du jury du meilleur court métrage français
Prix cinéma + frisson du meilleur court métrage français
– JIMINY  (d’Arthur Môlard )

Prix cinéma + frisson du meilleur film 
– L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps

 

 

 

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4 Responses to Paris International Fantastic Film Festival 3éme édition – Compte rendu

  1. MEMPAPEURMAN says:

    La journée de vendredi proposait outre le chef d’oeuvre, Perfect Blue, ‘un des meilleurs films de Stephen Sommers (La momie), Odd Thomas, très sympathique série B rappelant le désormais classique de Peter Jackson, Fantôme contre fantôme mais surtout l’un des + beaux et + subtils films de science fiction vu récemment, Real, le dernier chef d’oeuvre de Kiyoshi Kurosawa (Kairo) et pour finir le désopilant HK/Forbidden hero qui a fait rire toute la salle pendant presque toute la durée du film ! Il y avait aussi l’excellent court métrage, Fist of Jesus qui a fait sensation et qui passe superbement bien sur grand écran.

  2. MEMPAPEURMAN says:

    Sinon à bien y réfléchir le meilleur jour du festival, c’est jeudi 21 novembre avec l’intervention au débat du film de Animals, d’un ami absolument génial, Axel Ruiz !!!

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